Blog et news de Sophie Audouin

11 mars 2007

Susceptibilité

Un de mes amis, un jour, m’a dit que j’étais la personne la moins susceptible qu’il connaissait (mais bon, sa femme à lui est tellement susceptible que lui dire simplement “bonjour” relève de la haute diplomatie.) C’est aussi quelque chose que j’ai enseigné à mes filles. Se vexer n’apporte rien, à part tordages d’estomac (euh, ne répétez pas ce mot en classe hein je ne crois pas qu’il existe), parfois sentiment d’humiliation et bouderie inutile (hou, j’ai horreur des gens qui boudent) et surtout, c’est à soi qu’on fait mal, donc, n’étant pas masochiste, je n’en vois pas l’intérêt (mon mari adore ça, je passe sur ses petites bourdes avec un éclat de rire ou un délicieux sourire. Il faut dire que lui, ce ne sont que des gaffes, jamais des cruautés).

Cela dit, cela ne signifie pas se transformer en limace pour autant. Il y a des moments, ou des mots qu’on ne peut pas laisser passer, j’en conviens tout à fait. Tout est une question de niveau. Mettons les insultes basiques au niveau 0 (ce qu’elles sont) genre “grosse conne/gros con” ou encore “pauvre idiote/pauvre idiot” où c’est tellement ridicule que réagir ne fait que nous mettre au niveau minable de l’insulteur, et les insultes graves qui peuvent influer sur notre vie genre ” t’es tellement grosse que la lune à côté est anorexique, ou encore t’as un nez tellement grand qu’on pourrait l’utiliser comme parasol ou On voit bien qu’on descend du singe tellement t’es velu” au niveau 10. Parce qu’on se fout du premier genre, après tout, on est toujours le con ou l’idiot de quelqu’un et 80% des gens arrogants se voient bien plus beaux, séduisants et intelligents qu’ils ne le sont réellement), alors que le second peut nous pousser à des actes stupides, comme de devenir réellement anorexique par exemple.

Même si on a envie de transformer son vis-à-vis en crapaud (et après ce qui s’est passé avec la tempête de neige je fais super gaffe à ce que je souhaite), garder son calme et sourire est tellement destabilisant pour l’adversaire qu’il ne sait souvent pas comment réagir. J’explique :
Samedi nous sommes allés voir, tous les quatre, la Vie des Autres (Das Leben Der Anderen), le somptueux, magnifique, l’étonnant, le fantastiquementbienfaittop film sur la Stasi (la police Est Allemande avant la chute du mur de Berlin). J’ai a-do-ré, Philippe et les filles aussi. Le casting, le scénario (incroyable !) tout est parfait ma note, 10/10, bref, en sortant, nous décidons d’acheter le pain. Il y avait la queue chez Pain Paul et Marine, involontairement, passe devant deux espagnols d’âge disons mûr. Tout de suite, je vois la bonne femme s’agiter, faire des commentaires venimeux, nous désinger, philippe et moi, puis désigner ma fille en chuchotant (je pouvais supposer qu’elle disait que nos enfants étaient mal elevés), bref, elle avait des aigreurs d’estomac parce qu’elle allait perdre au moins deux minutes (la queue avançait super vite).

J’aurai pu m’énerver et l’envoyer paitre genre : “dis donc cocotte t’avais qu’à faire gaffe à la queue au lieu de regarder les pigeons, t’as jamais vu d’oiseaux dans ton pays…ah oui, c’est parce que c’est comme les rats, vous les avez tous bouffés, le pain ça doit vous changer”…(oui, je sais, j’ai l’insulte créative) mais comme ce n’est pas du tout mon tempérament de m’énerver et que son agacement m’amusait beaucoup, j’ai donc lancé mon plus adorable sourire, attrapé ma fille et lui ait dit de leur laisser la place. Le monsieur m’a sourit, la bonne femme m’a foudroyé du regard et a couvé mes deux filles (qui sont allées du côté des patisseries, donc devant elle) d’un regard aigre, pour être sûre qu’elles n’allaient pas passer devant elle. La vache (c’était de circonstance ! Disons qu’elle devait beaucoup aimer les tapas cette dame) qu’est ce qu’elle était stressée ! En voilà une qui ne va pas vivre vieille. J’avais donc beaucoup de pitié pour elle, quelle importance d’attendre deux minutes de plus ou pas ?

Nous sortons de chez Paul, faisons deux cent mètres, Diane va voir un truc dans une vitrine, donne le pain à Philippe, qui veut mettre son journal dedans et paf ! Fait tomber le pain. Pile dans une grosse crotte de pigeon. Moi, crise de fou rire (j’arrivais pas à y croire). Marine repart illico presto rechercher deux baguettes (non, les espagnols n’étaient pas revenus, hélas, ça aurait été rigolo qu’elle leur passe devant une seconde fois !). Bref, s’énerver et s’agacer, s’exciter et s’angoisser ne font que du mal à nos corps et à nos esprits, qu’ils soient jeunes ou vieux. Alors gardons notre dynamisme et notre énergie à des trucs positifs et laissons le reste à ces pauvres gens qui vont tous terminer avec un ulcère à l’estomac !

Maaaa vie
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