Blog et news de Sophie Audouin

19 mai 2005

Et la machine fut…

Nous avons durement combattu le week end dernier, nous avons affronté…non non, pas des hordes de gobelins déchainés, ni d’ogres assoiffés de sang et encore moins de trolls déchainés, mais pire…les grands magasins. Qui d’ailleurs méritent tout ? fait leur nom de Grand, car il n’est pas rare de croiser des gens au regard vitreux en quête desespérée du rayon bricolage/livre/vetementsfemmehommeenfant/cuisine/parfumerie/ etc introuvable… et dont le visage reflète toute l’angoisse de l’alien débarqué en terre étrangère. Je pense qu’? Roswell, avant de se crasher, les petits hommes gris avaient ? peu près la même (b….l, on est pas dans la bonne galaxie, qui est l’abruti qui a lu le plan ? l’envers !). Nous voil? donc, au quatrième étage face ? face avec des hordes de machines ? laver la vaisselle, qui nous regardent d’un air torve en clignotant d’un air que je qualifierais d’agressif. Genre ‘Approche un peu si tu l’oses’. Et s’il y en a autant, ? faire renforcer le plancher du quatrième histoire que les clients ne se les prennent pas sur le crâne, c’est parce que les fabriquants sont pris d’une sorte de folie de production. ‘Avant, nous dis le vendeur épuisé d’avoir ? subir formation sur formation, les constructeurs sortaient un nouveau modèle tous les deux ans. Maintenant, le syndrome Zara a frappé les machines, qui sortent tous les six mois ! C’est débile !’ Mouais, il a raison ce garçon. Ca qui peut le faire pour un petit top, mais nettement moins pour un truc qui vaut une fortune. Nous voil? donc devant notre élue. Elle fait peu de bruit, consomme pas trop et il faut un diplôme d’ingénieur pour comprendre sur quel bouton pousser. Moi, sur mon ancienne machine qui avait quinze ans (bouhhhouuuh, snif !) je tournais une manette toujours sur le même programme et je poussais un seul bouton. Le bonheur quoi ! Sur celle-ci, y’a des machins qui clignotent dans tous les sens, je peux choisir cent programmes différents et derrière nous, le frigidaire, qui est équipé d’une télé (!) et d’une connexion internet (!!), nous explique que la machine ? laver du futur pourra programmer ce qu’elle aura ? faire toute seule avec des cellules electroniques. Ben ça alors, j’ai l’impression d’être la bonne paysanne en robe fleurie ? rayonne qui vient de débarquer de sa campagne. Ou alors pour faire plus glamour, la Belle au Bois dormant qui vient de se réveiller et est étonnée de voir qu’on a remplacé son valet par un robot. Bref, je lance un très timide ‘Euh, vous n’avez pas plus simple ?’ Et l? l’homme me répond ‘elles sont toutes pareilles, mais celle ci est en promo parce qu’on change le modèle dans quelques jours’. Ah, il avait prononcé le mot magique qui a résonné aux oreilles de mon mari comme une douce musique ‘promotion’. Ladite machine étant la dernière, en plus, on pouvait avoir dix pour cent dessus. Nous étions donc ravis, enfin, surtout philippe, parce que moi, hein, des trucs ? ce prix l? je préfère les acheter chez dior qu’au BHV, jusqu’au moment où nous avons ouvert le ventre de la bête. Et l? , déconvenue et confusion…elle était cassée ! Il manquait le bout du bidule du machin en plastique que tenait le troisième plateau du haut. Mazette ! Et l? , du coup, miracle…celle qui était la der des der, la super promo etc a vu fleurir trente petites soeurs qui allaient être livrées quelques jours plus tard. ‘une fin de stock’, probablement, a indiqué le vendeur, embarrassé par cette subite éclosion de clones electroniques. Donc, nous allons recevoir la petite merveille d’ici trois semaines environ.
Nous sommes donc, rassurés sur le sort de notre chère vaisselle, allés au rayon verrerie, histoire de renouveller un peu les rangs des verres qui ont défunctés dans l’exercice de leur fonction et philippe a choisi un modele superbe ? très long pied. En le regardant, un doute subit m’a saisie. J’ai pris le verre et suis retournée au rayon machine. Sous le regard des vendeurs hilares, j’ai tenté de mettre ledit verre dans notre nouvelle machine.
Impossible. J’ai tenté toutes les configurations, ça rentrait pas, trop haut.
Je suis retournée voir mon cher et tendre avec le commentaire suivant.
– Mon amour, nous avons le choix.
Il a levé un sourcil perplexe.
– Oui ?
– Soit nous changeons notre nouvelle machine achetée il y a dix minutes, ce qui fait tout de même un peu court en terme d’utilisation, soit tu choisis un autre type de verre, genre moins haut, parce que celui-ci ne rentre pas du tout.
Philippe, qui avait écouté les explications du vendeur avec passion (cet homme est très étrange, oui, je l’admets) m’a alors stupéfiée.
– As tu, a t il assené avec assurance, vérifié que le plateau du haut était en position basse ?
– Oui, bien sûr, ais je répliquée (en fait j’avais pas vu qu’il y avait deux positions, c’est le vendeur qui a fini par me le montrer alors que je m’escrimais avec mon verre).
Désorientés par cette douloureuse certitude que notre machine n’est donc pas parfaite, nous avons abandonné le verre ? long pied et sommes sortis, un peu flageolants aller manger une salade de crabe ? la Maison du Caviar où un copain a écouté nos pérégrinations en s’étouffant de rire dans son borsche (soupe de bettrave et de choux, oui, je sais, nous les russo-arméniens on mange des trucs bizarres). Comme quoi, hein, même avec six cent cinquante douze programmes, si je ne peux pas y caser ma vaisselle, ben me reste plus que le lavage main. Ouiinnnnnn !

Maaaa vie
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