Blog et news de Sophie Audouin

23 mars 2005

continent inconnu

Il est des endroits périlleux où il faut s’engager avec précaution, une corde en rappel et un minimum de vivres et d’eau en cas d’égarement, j’ai nommé les chambres de mes filles. L? se développent des formes de vie inconnues des savants, mélange de bonbons collés/poussière/emballages/colle/confetti/chewing-gum/kleneex qui donneraient des nausées au docteur Frankeinstein. Sur les murs se défient films et séries, Star Wars contre Charmed, Matrix contre Alias, Harry Potter contre Buffy, Pirates des Caraibes contre Angel. Avril Lavigne affronte Kyo, Britney spear défie Beyoncé, Alicia Key provoque Diana Krall, de quoi passer des nuits assez colorées et légèrement cauchemardesques. Les chambres, absolument impeccables lorsque leurs habitantes reviennent, subissent une inexplicable mutation qui les transforment en champs de bataille en quelques secondes. Je connais quelques généraux qui pourraient en prendre de la graine. Soudain, le terrain vierge se jonche de livres, vêtements, cahiers, devoirs, cartouches, stylos, sac ? dos, manteaux, Cd, comme si le fait de poser tous ces trucs sur le bureau ou sur les étagèresposéesexprèspour ne leur venaient pas ? l’esprit. Et puis les habitants de ces contrées interdites ont un comportement très territorial envers tout intrus tentant de franchir la frontière. Diane et Marine entretenant ? peu près les mêmes rapports que l’Inde et le Pakistan ou Israel et la Palestine, si l’une rentre chez l’autre, elle risque fort sa peau virtuelle, bien vite percée par des flèches imparables du type : “Ehhh, qu’est ce que tu fais dans ma chambre, t’as pas le droit !” ou encore “Ehhh, je travaille l? , on ne dérange pas, si tu sors pas j’le dis ? maman (moi étant grande déesse juge des transgressions) ! et autres “qu’est c’tu veux, tu sais que c’est chez moi ici (assorti d’un grognement sourd et menaçant) !
Par contre, partant du principe qu’une menace extérieure ligue souvent deux adversaires, dès que j’ose suggérer qu’elles rangent leurs chambres, elles font front ensemble et c’est moi qui bat en retraite, attaquée par leur “ben tu ferais bien de ranger tes livres” (bon admettons, ma propre chambre ressemble plus ? une bibliothèque agencée par un savant sérieusement atteint qu’? une honnête chambre ? coucher et philippe me suggère régulièrement de faire un feu de tous mes bouquins (dans des moments d’énervement intense) ou encore de les donner ? un bouquiniste (il est fou !)) “et/ou tes vêtements” (bon, admettons aussi que les placards gémissent sous la poussée récurente de ma nombreuse garde robe), bref, ayant abondamment développé chez mes filles l’art de la casuitique (l’art de retourner d’un façon fallacieuse les arguments de l’adversaire), me voil? victime de la procrastination (l’art de remettre au lendemain ce qu’on peut faire aujourd’hui). Pfffff !

Maaaa vie