Lorsque nous sommes arrivés à Saint Malo, ville corsaire magnifique que j’adore, et dont les pavés sont la malédiction pour les chevilles des idiotes qui comme moi mettent des talons haut genre stiletto, il faisait beau. Il y avait beaucoup de vent, mais avec le soleil, ce n’était pas très grave. Le premier jour du salon se passe donc plutôt bien, les petits gateaux sublimes de Romane/Syrya (merci c’était trop bon ! Les autres auteurs les ont aussi adorés, vous avez des fans maintenant, ta maman et toi, lol !), dessins et poèmes de Ludivine, et aussi les crêpes apportées par (euh, mince, Alzheimer revient, toi qui nous a régalé avec tes top crêpes, dévoile toi ohhhhh fan de Tara !) bref, que du bonheur. Le second jour aussi, même si je n’avais plus de tome 1, et que la tempête commençait à secouer franchement les chapiteaux qui étaient sur les quais, près du magnifique Saint Belem, un trois mat. Comme le batiment principal qui abritait nos livres était en bois, cela ne nous génait pas trop, en dehors d’un léger mal de mer…
Puis vint le lendemain matin. Et c’est là que les problèmes ont commencé.
Je m’étais faite belle pour mes fans…enfin, dans la mesure de mes moyens hein. Brushing, cheveux brillants, oeil charbonneux, bouche cerise et légère touche de terracotta, la poudre miracle de Guerlain, qui donne bonne mine sans fond de teint. Bref, la totale. Comme il pleuvait, j’ai attrapé l’immense parapluie vert que Laurent (l’associé de mon attaché de presse) m’avait prêté.
Et je l’ai ouvert.
Avant de sortir.
Grosse erreur.Ne jamais, mais alors jamais, ouvrir de parapluie, même s’il pleut à verse lors d’une tempête à Saint Malo…
Je suis sortie de l’hôtel.
Et je me suis envolée.
Véridique. Carrément. J’ai du voler sur au moins six mètres, avant que la rafale s’apaise et me laisse m’affaler sur l’asphalte. En une seconde, la ravis…hum, la potable jeun…la potable femme assez élégante qui sortait de l’hotel s’était transformé en une loque ruisselante, mascara genre raton laveur, les cheveux en pétard dressés sur la tête à la dragon ball Z, en train de lutter contre son parapluie en jurant et en râlant, tout en essayant d’empécher son sac qui faisait un peu gouvernail, de prendre du gite et de l’envoyer s’assommer contre un mur.
C’était dantesque. Un monsieur m’a hurlé qu’il fallait que je ferme mon parapluie.
Oh ? Et il croyait que j’essayais de faire quoi depuis deux minutes, là, de danser la samba ? Genre Gene Kelly et « Dansons sous la pluie « ? Sauf que moi c’était plutôt « envole toi avec la tempête ». Z’auraient jamais pu terminer le film parce qu’ils ne m’auraient jamais retrouvée…ou bien bien plus tard, en Afrique (oui, c’était vraiment une grosse grosse tempête)
Evidemment le parapluie a fini par se retourner, je me suis agrippée à un poteau et j’ai enfin fini par le fermer, en dépit d’une baleine récalcitrante. Epuisée par cette lutte sans merci, j’éponge mon visage (imaginez ce que ça a donné…).
Le même monsieur m’a hurlé qu’il fallait que j’évite de passer par le chemin le long de la digue et qu’il fallait mieux passer par derrière. Vu qu’il y avait des vagues genre dix mètres qui déferlaient et recouvraient complétement le phare, oui, j’avais fait la même déduction, merci beaucoup monsieur. Après m’avoir vu avec mon parapluie, je pense que ledit monsieur avait du penser que j’étais totalement débile et qu’il fallait mieux m’expliquer les choses plutôt que d’avoir à me repécher.
A moitié rampant, je me traine en luttant contre le vent jusqu’aux chapiteaux…sauf qu’il n’y avait plus de chapiteaux. Pffffuit ! Envolés ! Disparus, rayés de la surface de la terre. Le Magic Mirror où je devais donner une conférence était totalement détruit, plus de murs, plus de toit, tout le matériel electronique noyé, une vraie hécatombe. Du coup, on s’est tous repliés vers le palais des congrès, qui était un peu plus loin, pour donner nos conférences. J’espère de tout mon coeur qu’il n’y a pas trop de photos, mon classement dans le rang « femmes les plus élégantes du monde » risque d’en prendre un sacré coup. Comment ? Je ne suis pas dans ce classement ? Ben si j’y étais, ce serait le cas, je passerai bonne dernière ! Ooopps !