Je rebondis sur un mail de newg qui dort avec une fuite de son velux sur la tête (euh, elle est claire ma phrase là ?), parce que moi aussi j’ai eu une fuite. Et c’est là que je trouve le métier de plombier particulièrement fascinant.
Au début de cette histoire digne de la quatrième dimension, j’étais en train de bouquiner tranquillement, lorsque Diane vient me voir en me disant qu’elle entend "plic plic plic" dans le couloir. Que ça fasse "plic plic plic" dehors (il pleuvait) c’était plutôt normal. Que ça fasse "plic plic plic" dedans, l’était nettement moins.
Un peu étonnée, je vais donc dans le couloir, qui, pour info, est tapissé de livres jusqu’au plafond (qui fait 3m70 de hauteur), en plusieurs couches (oui, il est long mon couloir). Et là…rien. Pas le plus petit plic, pas le plus petit ploc. Nous tendons l’oreille, encore, encore, toujours rien. Je jette un regard soupçonneux à ma fille genre : "tu nous fais Jeanne d’Arc là, sauf qu’à la place des voix tu entends des plics", lorsque soudain, j’entends de l’eau qui coule dans une canalisation au dessus de ma tête et hop : plic plic plic.
Un horrible soupçon m’envahit. Je fonce ventre à terre récupérer un escabeau, monte à toute vitesse, oubliant que j’ai le vertige et que vois-je ? Les revues de mon mari, qu’il a accumulé au dessus de mes livres, totalement stratifiées par une fuite qui passait derrière, apparemment depuis un bon bout de temps et que personne n’avait vu. Le mur était un peu ruiné, les revues aussi et apparemment ça "plicait" depuis un bon bout de temps parce que le haut de la bibliothèque en bois commençait à montrer des signes de faiblesse. Donc, évacuation des bless…hrrrm, des livres mouillés (ça nous a pris une heure), dans mon entrée (seul endroit encore épargné par la marée de mes bouquins) mise en place d’un seau et appel desespéré le lendemain matin au plombier.
Qui est venu trois jours plus tard.
Sans le seau, nous aurions pu faire du canoé kayak dans la salle à manger hein, et remonter les rapides dans le couloir.
Une fois arrivé, il a évalué les dégats et m’a expliqué qu’il fallait qu’il casse le mur pour voir où était la fuite. Moi je voyais très bien où elle était, mais bon. Il a fait un gros trou. Vraiment gros, un, on aurait pu y faire passer un petit croiseur de combat, et a dénudé une vieille vieille canalisation en fonte, en très mauvais état. Ca c’était fin Juin. Et nous partions le 8 Juillet pour la Chine. Moi, innocente, j’ai donc demandé s’il revenait le lendemain pour s’en occuper. Bon, c’était limite débile de demander ça à un plombier. Il m’a regardée comme si j’étais une extra terrestre, m’a expliqué que ce n’était pas lui qui allait s’en occuper, a mis un plastique sous la fuite, histoire que ça tombe directement sans le seau, m’a conseillé de bien vider ledit seau et ensuite a disparu.
Pendant deux mois.
Et je ne pouvais pas en prendre un autre, parce que c’était celui du syndic et que la canalisation dépendant de l’immeuble, ben c’était lui ou lui. Et pas de discussion. Nous avons donc géré avec copains et famille qui se sont relayés pendant notre absence pour vider le seau et arroser les plantes (remarquez, c’était assez coordonné finalement).
Un autre plombier et son assistant sont venus réparer, il y a une semaine, pendant deux jours, et maintenant j’ai une jolie canalisation toute neuve dans mon couloir. Qui était rouge (le couloir est blanc), que les plombiers ont peint en blanc, ainsi que le ciment qu’ils ont mis pour masquer le tout, ce qui fait que maintenant le tout est vaguement jaune.
Devinez donc à quel corps de métier je vais avoir à faire maintenant ? Que j’attends depuis une semaine ? Les peintres ! Et là, ça va être la grosse galère, parce qu’il va falloir que j’enlève le reste de la bibliothèque du couloir, que je mette tous les livres dans mon entrée (la vache, là j’en ai pour trois jours !) à présent qu’ il faut repeindre le couloir et la salle de bain…ouiiiiiiiinnnnnnn !