Dracula m’a extorqué une bonne pinte de sang. Non non, je ne suis pas passée de l’autre côté du miroir et non, je n’ai pas fait un petit tour sur AutreMonde. J’ai juste fait une prise de sang. Enfin deux. Et je n’ai toujours pas compris pourquoi on m’en a tiré autant. J’avais l’impression d’être une vache qu’on trayait ! J’arrive donc dans le laboratoire, à jeun. Déjà pas sympa. Il était neuf heures et j’avais super faim, moi qui prend mon petit déj à 7 heures normalement. Donc, en manque de glucose, je titubais un tantinet, genre zombie pas frais qu’on aurait réveillé prématurément. La gentille dame en blanc prend mon ordonnance et m’indique deux choses. 1) que ça va ma couter dans les 200 euros pour qu’on me fasse mal. 2) qu’il faut que j’attende à côté qu’on m’appelle. La vache, je ne sais pas combien ça coute de se faire faire une séance sado-maso, mais je suis sûre que ce n’est pas aussi cher ! Un peu assommée, je vais donc dans la salle d’attente et je feuillette un nouvel obs. Qui montrait une opération de je ne sais plus quoi, n’avec plein de sang partout et beurk beurk beurk. Bref, mon estomac commençait à protester sérieusement et je me demandais distraitement si le préparateur verrait un inconvénient majeur à ce que je lui vomisse un peu dessus. Heureusement, on m’appelle à ce moment. Un gentil monsieur en blouse aussi blanche que celle de la gentille dame qui venait de me soulager de 200 euros me fait rentrer dans une autre salle. Dont le verrou, totalement explosé, ainsi que la poignée, avaient été remplacés par du scotch. – Ah, ais je plaisanté, je vois que l’un de vos patients a voulu vous échapper ! Le gentil monsieur a eu un sourire jaune et m’a répondu de m’asseoir dans le fauteuil. Donc je ne saurais jamais ce qui s’est passé. Mmmhhph ! super rassurant. Je m’assieds, il désinfecte mon bras et me serre avec un garrot, je ferme le poing et hop, une aiguille dans le bras, ouille. Bon, ça fait pas si mal que ça en fait. Il prend une fiole de mon beau sang rouge. Deux. Trois. Quatre…je lève un regard inquiet vers lui, et je regarde ses canines. Non, elles ont l’air normales. Mais bon, celles d’Angel aussi avant qu’il se transforme et le laboratoire n’a aucune fenêtre. Tout ça devient très louche. Cinq. Six. Sept. Huit. La vache, il a une communauté entière de vampires à nourrir ou quoi ? Il s’arrête enfin là, j’ai la tête de plus en plus légère. Heureuse qu’il ait terminé de se nourri…de me piquer du sang, je tente vaillamment de me relever lorsqu’il affiche un rictus légèrement sadique (si si, je jure que ses canines se sont allongées à ce moment précis !) et me dit : – Ne bougez pas, un autre préparateur va venir vous prélever pour la carte sanguine.
Hein ? Quoi ? Qu’acoustiquais-je ?
- Euuuh, ais je bégayé, mais…mais vous ne pouvez pas le faire avec le litre de sang que vous venez de me prélever ?
Rerictus sadique. – Non a t il répondu, pour éviter les erreurs, votre médecin a demandé une nouvelle carte de groupe sanguin, la votre est trop ancienne. Et la loi dit qu’il faut que ce soit fait par un autre préparateur, lors d’une seconde prise de sang. Là, je l’avoue, j’en suis restée bouche bée. Il en a profité pour filer, me laissant, pantelante. Une autre gentille dame en blouse blanche (moi je me mettrais plutôt en blouse noire, les taches de sang se verraient moins…!) arrive à ce moment. Désinfecte mon bras droit et hop, rebelote. Garrot, aiguille, ouille et sang qui coule. Du coup, j’ai deux trous dans les bras et je ressemble à un zombie, certes, mais pire, à un zombie junkie !
Tout ceci m’amène donc à la seule conclusion logique. Les vampires, fatigués de se faire coeurpieutranspercer, eaubéniter, soleilcarboniser, ont pris le controle des laboratoires sanguins ! Et en plus, ils ont des sympathisants au gouvernement pour avoir voté une loi aussi idiote !