Tous les défauts du monde
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Mercredi 16 mars 2005 @ 12:15

Dans un bouquin, « De bon présages » de Terry Pratchett et Nail Gaiman, j’ai lu une phrase qui m’a interpellée (non non, elle ne m’a pas parlé et je n’avais pas fumé de trucs illicites, hein, c’est une métaphore). C’était : Elle pesait au moins quatre vingt kilos et se croyait anorexique car à chaque fois qu’elle se regardait dans la glace elle y voyait une grosse fille effectivement.
Evidemment, j’étais morte de rire lorsque soudain, en levant la tête, mon regard est tombé sur mon nez. Hrrmmm, directement hérité de Dumbo (oui, mes oreilles aussi, hein) c’est un pic, un cap, que dis-je, une péninsule, à quoi sert donc cette oblongue capsule…digne de Cyrano de Bergerac himself. Ce qui m’étonne le plus, c’est que les gens disent que je suis jolie, alors que je ne le suis pas. Je me pose donc la question, le monde est il rempli de myopes, ou c’est moi qui ait un miroir déformant dans les yeux ? Evidemment, 80% des gens ne s’aiment pas, complétement hypnotisés par les filles et les garçons qui affichent des plastiques parfaites dans les pages de magazines. Moi aussi j’aimerais remplacer mon misérable mètre soixante deux par un gracieux mètre quatre vingt et ressembler à Laeticia Casta/Nicole Kidman plutôt qu’à Maïté, mais bon, pourquoi ne puis je être indulgente avec ce que j’ai ? J’ai de beaux cheveux (très très résistants surtout, vu tout ce que je leur fais subir), une poitrine qui n’a pas encore cédé à la gravité (merci les soutiens-gorges) et qui peut encore pigeonner (je triche, merci les wonderbra !) J’ai de grands yeux et de longs cils (merci le super mascara qui allonge de la mort qui tue ! (expression de ma fille)) et je rentre encore dans un trente huit (en rentrant le ventre et en priant très très fort pour que le fabriquant taille grand), bref, je devrais être contente non ? Ben non, je focalise sur mon grand nez et mes grandes oreilles, ma petite taille et mes cinquante six kilos (oui, oui, je sais, j’étais redescendue à 54 avec la grippe et l’allergie, mais les tartiflettes et autres raclettes de Tignes ont vite retapissé mes hanches), qui normalement devraient être des 50/52 kilo max. Je louche sur l’ovale de mon visage qui se détend (à force de me dire, « détend toi, détend toi ! Ben j’obéis !) et qui commence plus à ressembler à un carré qu’à un ovale (un carré mou, du genre de ceux de Salvadore Dali) en le foudroyant du regard pour qu’il reparte vers le haut (c’est pas gagné, moi j’vous l’dit). Je déglutis péniblement à chaque ride qui s’installe genre « j’y suis, j’y reste », bref, j’ai l’impression de ressembler à une veille ruine.
D’accord, j’arrête là l’énumération, avant d’aller me jeter par la fenêtre du rez de chaussée (ben quoi, y’a au moins vingt centimètres !), et je termine sur un constat. Nous les filles on est jamais contentes !

crise de brune
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Mardi 15 mars 2005 @ 10:45

Ah la la ! A chaque fois que je me réveille le matin et que je me regarde dans la glace, rien à faire, j’ai un choc. Je n’arrive pas à m’habituer à mon aspect de blonde. De plus, la vache, j’avais jamais remarqué, au temps où j’étais brune qu’il existait autant de blagues stupides sur les blondes. J’étais donc à un coktail lorsqu’une brune, assez jolie, accompagnée d’un bellâtre moustachu (j’ai horreur des moustaches !) a couiné d’un air satisfait en me regardant : « vous savez ce qu’est une mèche brune sur une blonde ? »
« non » a bêlé son auditoire soumis.
« C’est une lueur d’espoir » a assené la brunette en me lançant un regard définitif (genre que seules les brunes ont un cerveau et que la mèche en question représente les neurones manquants…non mais j’explique j’ai des copines qu’avaient pas compris).
J’ai afffiché mon plus joli sourire, celui où je dissimule mes crocs et j’ai répliqué du tac au tac, juste avant de lui sauter à la jugulaire virtuelle.
- Et vous, vous savez ce qu’est une brune au milieu d’une assemblée de blondes ?
Un peu surprise, elle m’a dévisagée, cherchant le piège et a répondu
- Euuuh, non ?
- La femme invisible!
Et paf ! J’y avais cloué son bec, surtout que son auditoire a éclaté de rire, ramenant sa propre prestation au niveau zéro. Ah mais. Si on m’cherche, ben on m’trouve ! Je l’ai pas revue de la soirée, je pense qu’elle m’a soigneusement évitée. CQFD à propos de femme invisible.
Et puis j’ai la preuve que les hommes aiment les blondes. Comment ? Ben ce matin j’ai dit à Philippe que je voulais me faire reteindre en brune. Surprise ! il a pas voulu, il a dit qu’il me préférait en blonde.
Ah ah ! Reste plus qu’à me faire poser une poitrine à la Pamela Anderson et de courir en maillot de bain rouge en agitant ma blonde crinière au vent pour faire alerte à malibu moi !

semaine
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Lundi 14 mars 2005 @ 12:21

Après avoir passé un week end ex-té-nu-ant à me goinfrer de trucs qui devraient être interdits pas la faculté de médecine, me voilà , l’oeil plus ou moins clair et l’estomac un peu fatigué, prête à affronter la semaine et le…salon du livre !
Ahhh, les salons ! La bonne odeur des pieds et des dessous de bras pas frais, la douce chaleur des projecteurs qui dégouterait le plus « Sun addicted » des lézards, et pousserait un chameau Ã émigrer sur la banquise, la douce senteur des stands « sandwich/saucisson/paté de pays » dès neuf heures du matin alors qu’on digère tout juste son croissant beurre, qui peut vraiment et franchement dire qu’il aime ça (en tant qu’exposant, hein, pas en tant que visiteur) à moins d’être le candidat le plus sûr pour l’hopital psychiatrique le plus proche !
Ben d’une façon assez bizarre, moi j’adore (ceci expliquant sans doute cela). Je dois être totalement anormale, parce que la majorité des auteurs a horreur de faire des signatures (ils le disent pas, hein, les petits cachottiers, mais j’ai les oreilles qui trainent dans les trains/avions/cars qui nous ramènent et je les entends râler). Tandis que dès que mon éditeur m’annonce que j’ai un salon ou une signature, me voilà toute frétillante et ravie. Le moindre pauvre passant que ne fait que passer ne peut pas se faufiler devant le stand sans que je l’agresse avec un Tara. J’ai réussi à convaincre des gens qui n’avaient jamais lu de fantasy qu’ils avaient raté l’expérience de leur vie. Je rage s’il me reste le moindre livre et j’épuise mes voisins. Je ne sais pas du tout ce qui motive cette espèce de manège hystérique, mais le fait est là …je me transforme en une espèce de machine de guerre au service de Tara. Ah, j’arrête tout de suite les petits/petites/malins/malignes qui vont dire « ah, elle y va pour vendre du Tara ». Vu que je touche un euro par livre, et qu’en général le taxi pour m’amener me coute plus cher que tout ce que je peux vendre, ce n’est pas du tout rentable, donc ma motivation n’est définitivement pas l’argent mais plutôt…la conviction. J’ai envie de convaincre la France entière qu’il faut lire Tara.
Vu que je dois être à environ 100 000 exemplaires, et qu’il y a soixante millions d’habitants, ben j’ai encore du boulot ! Salons me voici pour les cent prochaines années ! lol !

la chose la plus horrible
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Vendredi 11 mars 2005 @ 11:22

Je me suis toujours demandé quelle était la chose la plus horrible que je redoutais vraiment. Attention, pas le truc normal, genre mort, blessure ou que quelque chose arrive à mes enfants, mon mari ou à ma famille, ni le truc anormal, genre enlévement par des extra-terrestres, ou immersion dans un local grouillant d’araignées/serpents/scorpions, qui, du moins pour les deux derniers,ont peu de chance d’arriver, à moins que je ne tourne dans le dernier film d’Indiana Jones ou que je décide d’aller faire un reportage en amazonie et tombe sur un repaire de trafiquants d’opium dotés d’un curieux sens de l’humour.
Donc, m’interrogeais-je, après avoir démantelé (aux termes d’aventures qui auraient fait pâlir James Bond) un réseau pédophile dans mon rêve de cette nuit, ce qui a fait dire à mon mari que pour moi c’est lorsque je me réveille que je me repose, et que je devais être drôlement fatiguée d’avoir couru, sauté, bondi et Karataké toute la nuit, quelle est la chose, la situation qui me fait vraiment peur. J’ai peur des voitures, mais curieusement me retrouver au volant d’une F1 et devoir disputer une course ne me fait pas peur…d’autant que, comme pour les extra-terrestres, il n’y a aucune chance que ça arrive…enfin je le souhaite pour le propriétaire de ladite F1. Donc, exit la peur des voitures. Et soudain, alors que je reniflais et cherchais machinalement un kleneex, j’ai pensé que la chose qui me faisait vraiment, mais alors vraiment peur c’était de me retrouver prise dans un hold up de ma banque et que les assaillants/bandits/criminels/voleurs/terroristes/etc…veuillent me baillonner alors que j’aurais le nez bouché. Etouffement garanti parce que les z’horribles refuseraient de prendre en considération mon nez hors service.
Je vois déjà les dernières molécules d’oxygènes remplacées par le gaz carbonique produit par mes poumons défaillants, tandis que les bandits masqués rigoleraient autour de paniers remplis de billets de cinq cent euros.
Comme quoi, hein, on est vraiment bizarre nous les humains (encore que beaucoup de mes lecteurs ne soient pas tout à fait sur que je sois vraiment humaine en fait. lol !)

Grèves
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Jeudi 10 mars 2005 @ 10:55

On dit que la seule chose qui sépare la civilisation de la barbarie, c’est quarante huit heures et deux repas chauds. J’ai trouvé autre chose. Les grèves. Je rentre à l’instant et tente de me remettre de la vision cataclysmique limite apocalypse d’une meute d’automobilistes en colère prêts à immoler leur voisin/prédécesseur par le feu ou toutes autres armes contondantes et tonnantes pour grignoter un demi-centimètre.
J’ai voulu traverser l’avenue Charles de Gaulles, avenue principale menant de la Défense à l’Etoile. Le feu était rouge. Les voitures étaient agglutinées, par choc contre par choc et lorsque j’ai voulu avancer, un gros monsieur très furieux (peut être en plein régime, qui sait, ça a peut être aggravé les choses) m’a hurlé dessus. En fait, comme il était à l’intérieur de sa voiture, je ne sais pas ce qu’il disait, mais ça devait être gratiné Ã voir l’expression crispée de sa compagne.
Très poliment (je reste polie jusqu’au moment où je sors le bazooka, après ce sont les autres qui sont très très polis) je lui ai montré le feu tout à fait, absolument et totalement rouge. Il a fait alors toute une série de geste, genre mime Marceau, que, n’étant pas Champollion je n’ai pas décrypté, et, ignorant ses gesticulations, je suis passée, hiératique, telle la Reine de Saba…en moins foncée (quoique…grâce à Tignes, je suis encore bronzée !).
La rue d’après, instruite par l’expérience, je me suis postée près d’un malheureux agent, couvé par le regard noir des automobilistes haineux (si des regards pouvaient tuer, le pauvre homme se serait vite retrouvé sur une table d’autopsie, observé par des médecins se grattant l’occiput en se demandant ce que c’étaient que ces trous dans son corps), et j’ai traversé sous sa bienveillante quoique légèrement stressée, protection.
A partir de là , la progression a été plus facile, et je me suis un peu sentie dans la peau de l’explorateur qui vient de justesse d’échapper à une tribu de cannibales pressés de l’inviter à dîner.
On dit également que l’homme est un loup pour l’homme. Ben vu tout les crocs que j’ai vu ce matin, je ne mettrais plus jamais cette affirmation en doute !

petit top
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Mercredi 09 mars 2005 @ 12:51

Je mène une guerre absolue contre la manie de Marine (ma plus jeune fille, quatorze ans) de mettre des petits hauts qui conviendraient parfaitement en cas de canicule mais le font nettement moins par -3. J’ai oublié probablement que je faisais la même chose à son âge, mais j’avoue que je ne comprends pas bien la manie des fabriquants de sortir les nouvelles collections d’été alors qu’il gèle à pierre fendre (vieille expression de nos campagnes, cré vingt diou !). Moi qui sort en peau de bête, bonnet ou chapeau sur la tête (non, je ne me prends pas pour une star, j’ai froid !), quasiment bottes d’eskimaux aux pieds en guettant du coin de l’oeil les ours des neiges qui ne devraient pas tarder à faire leur apparition, je frissonne en voyant ma fille sortir joyeusement en chemise et petit top sous un blouson sensé lui tenir chaud, mais qui tient plus du fashion victim que du Damart.
Aie, je sens qu’il va neiger.
Bon, je retourne sous ma couette !

Ils descendent de la montagne au galop, ils descendent de la montagne au galop…
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Lundi 07 mars 2005 @ 12:37

Voilà toute la petite famille rentrée parfaitement saine et sauve, et vue notre façon de skier, je pense que notre sauvegarde a du mobiliser une escouade complète d’anges gardiens. Diane, qui est une jeune fille posée et réfléchie se change en une espèce de Taz femelle matinée de Bip-Bip qui fonce sur les pistes à fond la caisse, et dont on n’aperçoit que très vaguement la silhouette blanche et rouge suivie par un vzzzzzzzzz et un nuage de neige, tandis que sa soeur, Marine, fonce sur la moindre bosse histoire de montrer à la gravité qu’elle ne fait pas toujours la loi. Coup de bol, la gravité n’a pas encore percuté qu’on la défiait et ne s’est pas vengée en lui montrant qui, d’une planète d’un milliard de tonne ou d’une jeune fille de 48 kilos aurait le dernier mot.
Philippe nous fait passer par des hors pistes en nous disant, juste au dessus d’un mur à pic, bosselé, avec juste la place de placer les skis « c’est super hein ! » pendant que me demande fiévreusement si l’hélicoptère de secours pourra se poser sur la crète la plus proche lorsque j’aurais dévissé les cinq cent mètre de dénivellé, bref, ma famille, plutôt normale habituellement subit une sorte de lavage de cerveau en haute altitude, lavage favorisé par le bon air frais et pour philippe par la mondeuse, vin blanc bien connu et le génépi.
La seule qui garde les pieds…les skis sur terre, c’est donc moi, qui skie cool, enfin, dans la mesure où il me faut tout de même ne pas perdre le reste de ma famille et qui, avouons le, offre depuis quelques jours une forte ressemblance avec raton laveur à l’envers. C’est à dire que j’ai un grand cercle blanc autour des yeux et le reste est bronzé…buriné plutôt, (vu qu’on nous a annoncé que le climat se réchauffait, il a fait moins trente pendant dix jours, rien que pour embéter les climatologues) par le froid et le soleil. Très mauvais pour mes rides, ça, mais excellent pour le moral. Sauf l’effet raton laveur sus nommé, qui fait un peu moins chic, admettons le.
Bref, tout va bien. Et je suis prête à affronter la rentrée avec sérénité.
Cela dit, lorsque j’ai vu le monceau de mails qui m’attendait, j’avoue que j’ai vraiment eu envie de repartir illico pour la montagne.
Ouiinnnn ! C’est quand les prochaines vacances !