ski
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Jeudi 24 février 2005 @ 14:32

Je vais abandonner mon cher blog pour dix jours, car dans deux heures, je serai au ski…hhhmmn, non, rectification, dans deux heures, je serai, légèrement verdâtre (le TGV pour une mystérieuse raison, n’ayant à priori rien à voir avec la mer, me donne mal au coeur), dans le TGV qui mène à Tignes. Si la SNCF ne fait pas grève. Si aucune tempète de neige ne bloque le rail, si aucun éboulement ne déglingue la route, si le conducteur du TGV n’a consommé aucun sandwich à la mayonnaise douteuse, et si le chauffeur de taxi n’a pas forcé sur le genepi (liqueur fortement alcoolisée, bien connue des bergers qui y font macérer des tas de bestioles bizarres genre couleuvres et vipères, histoire d’impressionner les touristes, tandis que eux, pas fous, avalent du glenfidich trente ans d’âge), nous devrions arriver à notre hotel, le Refuge, le bien nommé.
Et là , sous le soleil annoncé pour les dix prochains jours…enfin pas tout à fait, puisque nous arriverons à minuit… nous allons nous esbaudir devant la beauté inviolée…disons momentanément intacte en attendant les skieurs…de la montagne.
Après, ben le tout est de rester debout sur les maudits bouts de bois…morceaux de plastique…carbone…fibre de verre…machins qu’ils utilisent pour faire des skis, et d’éviter les zinzins en surf qui vous passent au ras des oreilles avec de grands chuuuuuuuiiiiiii, bien angoissants tant on sent dans son dos que le chuuuiiiiiiii en question est le resultat d’une vitesse pas controlée du tout.
Sans compter qu’il fait vraiment froid (-15 !) que j’ai les oreilles de Dumbo et le nez de Pinochio et que par conséquent tout ce qui dépasse rougi et gèle rapidement, ce qui m’oblige à m’affubler d’un bonnet et d’une écharpe qui me font passer pour un aspirant terroriste, et que les combinaisons ne sont vraiment pas conçues pour faire sexy, à moins de peser trente kilos pour une mètre quatre vingt. Ce qui explique sans doute la raison pour laquelle je mets des fuseaux. Qui reviennent à la mode l’année prochaine parait il. Chic, ça fait dix ans que je ne suis pas à la mode, je suis ex-ta-thique de savoir que l’année prochaine, ça y est, je serai hip !
En fait, je râle, je râle, mais j’aime le ski.
Cela dit, je sais vraiment pas pourquoi.

l’homme malade
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Mercredi 23 février 2005 @ 9:47

Philippe a été malade pendant deux jours. Pas le malade discret, genre « je souffre dans mon coin et foutez moi la paix », mais le malade productif (très productif), agité, et, comme la majorité des hommes, faisant des yeux de cocker mouillé parce qu’il a une gastro et qu’il en veut au monde entier. Imaginez moi, quasiment en ciré et chapeau de marin pécheur, histoire d’éviter les machins divers et variés produits par mon mari (je passe sur les détails peu ragoutants) et, sur le coup de deux heures de matin, envisageant sérieusement la combinaison antibactérienne autonome.
Et là , il m’a fait le final…il s’est évanoui. Deux fois de suite. Bon. Grands moyens, j’appelle le médecin. à deux heures. Il arrive à quatre heures. Il nous explique que Philippe a une gastro. Un peu agacée d’avoir du attendre deux heures, je réponds que oui, vu ce que nous avions subi depuis quelques heures, nous nous en doutions. Il dit qu’il faut qu’on attende que ça se passe. Je réponds que ça se passe depuis dix heures du soir et que ça commence à faire un peu longuet, hein, j’aimerais bien dormir. Il fini par filer un truc à philippe qui l’assomme pour le compte et s’en va. A mon avis il a du penser que je n’étais pas très sympathique. Comme dit muriel Robin, moi, à quatre heures du matin je ne suis pas sympathique, je dors.
Je passe les deux jours suivants à m’occuper de mon homme. Riz, riz et re-riz. Les actions d’Oncle Ben’s ont du sérieusement augmenter.
Ce matin, il est parti au bureau et j’entame une grasse mat’ bien méritée. Enfin, c’est ce que je pensais mais c’est raté. J’entends des bruits suspects dans les toilettes.
Diane a été contaminée. J’y crois pas.
O’scours, je suis cernée !

hobbies
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Dimanche 20 février 2005 @ 11:24

Nous les filles, ont est tout de même bizarres. Il suffit que notre homme aime quelque chose, pour que tout de suite, paf ! on veuille aimer la même chose. Exemple. Philippe, mon tendre mari, s’était mis au golf il y a une quinzaine d’année. Et hop ! Je me suis mise au golf, alors qu’en fait, j’adore le tennis. Laissez moi vous décrire la scène : Moi, en tenue de golf, carrément l’air d’une pro, hein, la casquette, le gant, les chaussures à clou, l’équipement ad hoc, me voilà en face de mon ennemie, la petite balle blanche qu’il faut expédier tout droit sur une distance variant de cent mètres à cinq cent mètres, dans un ridicule trou de quelques centimètres, à l’aide d’instrument qui ont été inventés par des écossais, dont le sens de l’humour n’a d’égal que le sens du sadisme. Je frappe la balle :Toc ! Elle fait vingt mètres dans le meilleur des cas…on est pas arrivé, c’est moi qui vous le dit.  Je refrappe la balle et je regarde au loin, l’air hiératique, genre la ligne bleue des vosges, alors que je l’ai raté et qu’elle est toujours à mes pieds, ce qui est toujours ridicule lorsque tout le monde vous regarde. Je refrappe, tout à fait cramoisie toc ! Et en général comme il y a de l’eau, toc, toc, plouf ! En fait, je devrais faire ce sport en maillot de bain (je tombe systématiquement dans les bunkers de sable) et en masque et tuba, (pour récupérer mes balles qui adorent l’eau). ou encore en tenue de chasseur, (parce qu’elles aiment aussi beaucoup les bois bien impénétrables où elles vont se dissimuler sous les feuilles et/ou les ronces).Ah, et il faudrait que je me munisse d’un trou noir, qui attirerait la balle dans le trou par un effet de gravité, ( bon, d’accord, le reste de la planète aussi, on fait ce qu’on peut hein !) car pour une mystérieuse raison, les miennes l’évitent prodigieusement bien ce fameux trou. 
Conclusion : Au golf, il faut faire le moins grand nombre de coups possible. Ben pour moi, il va falloir qu’ils crééent une nouvelle notation, je crois, il  n’y a pas assez de place pour mettre le nombre de coups que je fais ! Bref, ce n’est pas ‘je pense, donc je suis’, c’est ‘philippe aime, donc je suis’. 
Ah ! Et il aime les voitures. Toutes les voitures. Les grandes, les petites, les élégantes, les moches, les design, les difformes. Je déteste les voitures, je les hais, je les abhorre, je trouve ça dangereux, bruyant, polluant et pourtant, devinez où je me trouvais hier, trois pas derrière philippe telle une bonne petite femme obéissante ? A Rétromobile. Le Salon des voitures anciennes. Si si. J’admets qu’il y avait de très jolies voitures, même pour moi qui ne les aime pas. Brillantes, manicurées, chouchoutées et tout et tout. Et pour celles qui cherchent le prince charmant, ben rétromobile c’est parfait, parce que les hommes sont franchement majoritaires. Donc, pendant des heures (super prudente, j’avais mis des bottes plates, pas folle !) j’ai trainé derrière mon aimé, le regard de plus en plus vitreux.
Nous sommes rentrés à la maison, moi, sur les rotules, et lui, extatique. ‘C’était bien, hein !’ m’a t il lancé, tout joyeux. Tu t’es bien amusée, hein ! Elles étaient belles, hein !’
Heureusement que la télépathie n’existe pas ! Sinon, la vision de moi en train de commettre un meurtre en l’étranglant aurait très vite mis un terme à son enthousiasme.
- oui, cheri, ais je faiblement articulé, en pensant très fort à tous les salons du livre où il s’est trainé pour me faire plaisir, c’était super !
Cela dit, j’ai du bol. Il aime pas le foot !
Heureusement ! J’aurais fait une très mauvaise Pom-Pom Girl ! lol !

z’études
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Jeudi 17 février 2005 @ 10:26

Mes deux filles ressemblent Ã des crevettes qu’on aurait posé sur des plaques chauffées au rouge. Elles ne tiennent pas en place et sautillent comme des grenouilles atteinte de la maladie de parkinson. Parce que l’année est rude, bac S pour l’ainée et brevet pour la cadette. Elles ont le regard vitreux de poissons qui n’ont pas vu l’océan depuis un bon bout de temps, nos petits déjeuners et diner se déroulent dans un marmonnement du type « mince, il est mort à quel moment Staline » ou « x + y sur une constante de z peut elle donner xy/sur z » ? » et il faut quasiment un mégaphone pour arriver à attirer leur attention.
Je dois supplier pour qu’elles acceptent d’éteindre la lumière à dix heures du soir, histoire qu’elles puissent dormir un peu tout de même et vu que les lampes torche ont mystérieusement disparu de notre chambre, je subodore que d’obscures ruses leurs permettent de continuer à lire les annales du brevet corrigé et les annales du bac corrigé en douce sous les couvertures.
Les retours d’épreuves se font dans de furieux bouillonnements de discussion avec leurs copines sur ce qu’elles ont raté et réussi et de temps en temps, elles s’écroulent sur mon épaule compatissante en glapissant que jamais elles ne vont y arriver.
Elles ont littéralement vidé mes tubes de vitamine C (ce qui explique le coté frétillement) et deserté nos séances quotidiennes de télévision (ouiinnnnn !), bref, ça rigole pas.
Inutile de dire que je suis tétanisée d’admiration devant autant de volonté.
Bon sang, je sais que je me répète, mais qu’est ce que je suis contente d’avoir terminé mes études ! lol !

Saint Valentin
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Mercredi 16 février 2005 @ 11:11

On est toutes les mêmes. On dit que ça n’a pas d’importance, que s’il oublie ou qu’il ne nous fait pas de cadeau, que cela n’empêche qu’on sait qu’il nous aime très fort… s’il n’est pas performant ce jour la, nous avons tout de même de fortes envies de meurtre, les dents qui poussent et les griffes qui sortent. Donc le jour de la Saint Valentin est un jour, où, bien plus que pour notre anniversaire, le-petit-copain/fiancé/amoureux/amant/mari n’a pas intérêt à se planter.
D’habitude mon adorable et tendre mari m’offre toujours un truc. En général un gadget dont le mode d’emploi est plus lourd que ledit gadget et nécessite la compétence d’un ingénieur de supersonique. Ou alors un téléphone, alors que depuis six mois je m’escrime à essayer de fonctionner celui qu’il m’a offert et que du coup je dois tout recommencer ce qui m’énerve.
Bref, j’étais donc là , à la maison, en train de l’attendre avec l’impatience que vous imaginez lorsqu’il est rentré, hilare.
- C’est incroyable, as t il dit, mort de rire, il y avait cinq mille gars en train de faire la queue aux deux boutiques de fleurs que j’ai fait, mais plus un seul bouquet disponible ! Tu ne m’en veux pas mon amour ?
Moi, magnanime, je souris gracieusement (il m’offre souvent des fleurs, même sans aucune raison, ce que je trouve super) et lui répond que non bien sûr, ça n’a pas d’importance. Il me prend donc par le bras et nous partons diner dans un restaurant délicieusement romantique.
Pour une fois, j’avais décidé de lui offrir quelque chose. J’avais fait fabriquer des lunettes de ski spécialement à sa vue (‘tain, ça coute une fortune ces trucs là !). Je lui ai donc fait la surprise du cadeau pendant qu’on apportait le foie gras. Puis, l’air angélique « genre je ne m’y attendais pas du tout », j’ai attendu qu’il m’offre le sien.
Il était super content de son cadeau, a ressemblé pendant quelques instant à un martien orange en le mettant au milieu du restaurant, ce qui a failli provoquer la mort d’une vieille dame qui s’en est etouffée dans son verre de vin, et m’a assené la phrase qui tue :
- Ca alors, pour une fois que je ne te fais pas de cadeau, c’est toi qui m’en fait !
Au début, l’incrédulité m’a fait croire que j’avais mal entendu. Ensuite, comme il ne bronchait pas, me regardant toujours d’un air niais (il avait tout de même retiré le monstrueux masque orange), l’horrible vérité m’a frappée de plein fouet. Mon prince charmant, mon amour, le centre de ma vie ne m’avait pas fait de cadeau pour la Saint Valentin ! Pour la première fois depuis vingt ans !
Pendant environ deux heures (c’est à dire le temps que nous avons passé au restaurant) j’ai été admirable. J’ai rit à ses plaisanteries et à ses anecdotes, j’ai ignoré nos voisins qui n’échangeaient pas un mot et écoutaient notre conversation (dommage j’aurai du leur vendre un ou deux Tara Duncan, ça leur aurait donné de quoi discuté, j’y ai pas pensé !) et j’ai masqué mon incompréhension et ma douleur sous une dignité inébranlable.
Ca n’a duré que le temps du restaurant, je vous rassure tout de suite.
Qu’est ce qu’il a prit à la maison !
Je l’ai fait biche blessée, hein, pas tornade hurlante. Incompréhension, « Tu n’as pas eu le temps, c’est ça ? » Douleur « Tu ne m’aimes plus » (bon, d’accord, en sortant celle là , je savais que c’était ridicule, mais j’ai pas pu m’en empécher), Surprise « C’est la première fois que tu oublies la Saint Valentin ! » Déception « J’adore quand tu me fais des cadeaux » (bon, admettons aussi que celle-ci était un coup bas. Mais il l’avait mérité hein !) Dignité « Mais je comprends, après tout tu me fais tout le temps des cadeaux, alors mettons que les lunettes de soleil Dior que tu m’as offert la semaine dernière sont mon cadeau de la Saint Valentin (en fait, pas question d’avouer à ma mère qu’il ne m’avait rien offert ! Glurps !).
Il m’a regardé, ses grands yeux verts écarquillés, totalement pris par surprise.
- Mais…mais a t il balbutié, je croyais que tu t’en fichais ! Que ce n’était pas important, cinq fois sur six tu me dis « il ne fallait pas » ou « c’est trop, je ne sais pas encore comment utiliser l’ancien »
Ben les bonhommes connaissent pas bien les femmes, hein, même après vingt ans ! Pffff !
J’attends la Saint Valentin de l’année prochaine avec impatience. Je suis très curieuse, après cette ferme mise au point, de savoir ce qu’il va m’offrir !

jeux vidéos
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Mardi 15 février 2005 @ 8:25

Il m’arrive de jouer aux jeux vidéos avec mes filles, (surtout lorsqu’il y a des indices à trouver, je suis de la patience d’un indien en train de loucher sur le scalp du général Custer, planqué sur les hauteurs du grand canyon). En général tout va bien jusqu’au moment où des tas de bestioles diverses et variées tentent de planter leurs crocs dans ma jugulaire virtuelle. D’abord, j’y tiens à ma jugulaire, ensuite, j’ai horreur qu’on me saute dessus sans prévenir. C’est donc précisément à ce moment que je fais un bond, (évidemment mes filles sont mortes de rire) et je leur passe les commandes avec épouvante pour qu’elles mettent à mort les vilains machins.
Je suis frappée de la vitesse avec les jeux ont évolué. Surtout au niveau « sang et entrailles ». Avant on dégommait un truc et puis c’était tout. Maintenant, ils nous mettent une pyrotechnique de sang de diverses couleurs (en fonction des monstres, mais bon, le rouge est toujours une couleur gagnante), jaillissant à grands renforts d’artères tranchées, sans compter les intestins qui dégoulinent et la cervelle qui glougloute par le nez. Que celles qui viennent de déjeuner arrêtent de lire cet épisode.
Je suis donc totalement fascinée de voir que mes filles, douces, délicates et raffinées (si si, je vous assure !) adorent ce genre de truc et que plus c’est sanguinolent, plus elles trouvent ça rigolo. Beurk !
Moi je préfère quand même les jeux où il faut se creuser la tête, résister très fort à la tentation d’aller voir sur internet où des plus intelligents que soi ont mis les soluces, et finir la journée avec les yeux d’un lapin russe !

shopping
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Dimanche 13 février 2005 @ 11:01

Le samedi est une sorte de jour maudit et béni. Béni parce qu’on peut buller les doigts de pied en éventail devant les séries débiles. Béni par ce que c’est le jour du shopping et…maudit parce que c’est le jour du shopping. J’explique. Hier nous avons fait du shopping. Non, non, les filles je vous vois déjà les yeux clignotant évoquant des hordes de vêtements colorés soumis à la loi de ma carte platinium (j’ai d’ailleurs pas de carte platinium, donc ça risque pas) mais c’est pas ça. Pas du tout. Hier nous avons fait du shopping utile. Du moins pour la première partie. Nous avons changé les abats jours de notre chambre. Ben vous savez quoi ? J’avais jamais imaginé qu’il y avait autant de sorte d’abats jours. Empilés les uns sur les autres (y se reproduisent la nuit ou quoi ?) nous étions tétanisés de stupeur lorsque la vendeuse super branchée, toute vétue de cuir noir, qui allait vraiment bien avec les abats-jours léopard encerclés de plumes de corbeaux (corneille ? Geai ? bref, d’oiseau noir), nous a assené la phrase qui tue.
- Bonjour as t elle gazouillé. Vous avez pris le pied ?
L’espace d’un instant philippe et moi avons cru qu’elle prenait des renseignements sur notre vie sexuelle, mais soulagement, elle voulait juste parler du pied de la lampe. Parce que non seulement il y a des tas et des tas d’abats-jours, mais en plus, les tailles de culot (non, pas l’insolence, hein, l’embout de l’abat jour) sont différentes.
- Car, a t elle sourit, nous ne remboursons ni n’échangeons. Alors si vous vous trompez, ben…
Elle n’a pas précisé, mais on avait compris.
Rassemblant notre courage à deux mains, nous avons résisté à la gestapette.
- J’ai…euuuh, j’ai pris les mesures, a balbutié mon mari (après m’avoir chuchoté qu’il se demandait s’ils fouettaient les clients insolents !). Je sais ce que je veux.
Et il a désigné deux abats jours en soie blanche plissée, très zoulis.
Fort heureusement, entre temps, la prédatrice avait reperé deux autres malheureux, qui avaient l’air (si cela était possible) encore plus perdus que nous.
- Comme vous voudrez, a t elle gazouillé, avant de foncer sur les deux futures victimes comme une lionne sur deux pauvres gazelles.
Nous nous sommes emparés des abats jours, et notre butin sous le bras, nous avons fui…laches.
En bas, une autre jeune fille, toute aussi cuir, mais moins sadique, nous a indiqué qu’elle pouvait insérer un truc en plastique pour agrandir ou resserrer le culot à volonté.
Nous sommes sortis avec l’étrange sentiment de l’avoir échappé belle. Les gens sont vraiment bizarres !
Philippe a compensé la torture en m’emmenant manger un couscous (oui, je l’avoue, je me suis baffrée, ahhhahhahha, le couscous !) puis en me permettant de piller la Fnac, où j’ai acheté une douzaine de livres. A tel point que la cliente après nous à la caisse nous a demandé si nous déménagions aux Etats Unis ! lol !
Yes ! Finalement, j’aime le shopping ! Enfin…ce genre de shopping, hein, parce la recherche de l’abat jours, ça l’fait beaucoup moins au niveau plaisir !

les psy causent
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Vendredi 11 février 2005 @ 8:27

Les psy disent qu’on a une psychose ou plutot une névrose, due à un choc. Ben ma fille Diane n’a jamais été attaquée par des hordes d’insectes géants aux mandibules acérées, sa chambre n’a jamais été envahie par les abeilles tueuses d’afrique et habitant en ville, il y a peu de chances que notre immeuble soit détruit par des hordes de fourmis dévoreuses. Et pourtant, elle a une peur panique des insectes. Un truc totalement irraisonné. Elle arrive régulièrement dans ma chambre en hurlant parce qu’un moucheron ou une coccinelle fait « bizzzz » dans sa chambre. La campagne est un lieu de perdition pour elle (et pourtant elle adore monter à cheval) et en fait, elle aime assez le pole nord, où, miracle, aucun insecte ne survit. Nous sommes partis en Tanzanie l’été dernier. Moi, j’avais peur des elephants (l’un d’entre eux nous a chargé, j’ai trouvé ça très moyen comme marque d’affection), ou des cobras (longs, noirs, crachent leur venins à cinq mètres et sautent à trois mètre de hauteur. Leur venin tue en quelques heures) ou les mambas noirs (les plus psychopathes des serpents, si vous traversez innocemment leur territoire, y sont capable de vous suivre sur des kilomètres pour vous faire la peau !). Marine avait peur des hyènes (qui avait la mauvaise habitude de venir renifler les tentes la nuit en poussant des glapissements genre « wahou, on fait comment pour rentrer là dedans, ça sent drolement bon, à table les filles !) mais Diane, elle, s’en foutait totalement de tout ça, y compris des lions. Elle, elle guettait la mouche tsé tsé, le moustique tueur et l’araignée sauvage. Coup de bol pour son petit coeur, on en a quasiment pas vu pendant tout le voyage (à part une araignée à zanzibar, plus grosse que le crabe qu’elle pourchassait. Diane a eu tellement peur qu’elle en est restée muette !)
Bref, tout ça pour dire que parfois, on a des peurs vraiment bizarres et inexpliquées.
Moi j’ai peur en voiture. Je sais, c’est débile, mais rien à faire. Je me tétanise, je hurle dans la pauvre oreille meurtrie de mon mari, je sursaute dès qu’une voiture double à droite ou à gauche (euuuh, évidemment ça arrive tout le temps alors je suis un paquet de nerf secoué de tressaillements) et je descends de la voiture avec la nette impression d’avoir échappé Ã un sort pire que la pire des tortures.
Celui que je plains, c’est mon pauvre mari ! lol !

crises d’adolescents
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Jeudi 10 février 2005 @ 10:48

Je viens de recevoir ‘vie de famille’. Oui, nous les vieux, nous recevons ce genre de journaux ! Où, je découvre avec une certaine satisfaction qu’une enquête révèle que 85% des ado s’entendent plutôt bien avec leurs parents. Que le dialogue est assez ouvert. Et, enfin, la phrase qui m’a tétanisée : que les décisions de piercing et de tatouages des ados sont les signes d’une volonté de se différencier des adultes qui s’habillent comme les ados !
Ouch, je viens d’acheter deux jeans taille basse. Le genre de truc que je m’étais d’ailleurs jurée de ne jamais acheter, parce que sur un manequin anorexique de trente kilos pour un mètre quatre vingt c’est sublime, mais que sur mes un mètre soixante deux et cinquante quatre, cinquante cinq, cinquante six (ça dépend des tablettes de chocolat !) kilos, ça me fait un peu ressembler au bonhomme Michelin. Donc, cet article m’indique que si je cède à la mode de faire Djeune et que je m’habille en jean et petit top, mes filles vont se faire tatouer et piercinger ?
O’scours !
Je fonce tout de suite chez le vendeur et je vais m’acheter un jupon fleuri.
Mais qu’est ce que je raconte, j’ai horreur des jupons fleuris !
Je me replonge donc dans l’article, après avoir adressé des regards angoissés à ma garde robe, lorsque je vois que les deux crises se superposent souvent. La crise de l’adolescence et la crise de la quarantaine. Et que lorsque les adultes se demandent ‘Qui suis-je, ou vais-je, Dieu existe t il, ma femme/mari m’aime t il toujours, la vache il faut que je fasse disparaitre ces bourrelets de graisse, avant que ce soit eux qui me fassent disparaitre et qu’est ce que je vais manger ce soir’, ben leur interrogation/souffrance se heurte à celle des ados qui se demandent ‘Qui suis-je, ou vais-je, Dieu existe t il, machin ou machine m’aime t il/elle, est ce que ces saloperies de boutons vont disparaitre un jour, j’arrive plus à rentrer dans mon jean, qu’est ce que maman/papa va faire à manger ce soir ?’, ben les deux souffrances se téléscopent et alors bonjour les dégâts.
Je viens donc de trouver la solution à ce problème. Je ne fais pas de crise de la quarantaine, en échange de quoi, mes filles ne font pas de crise d’adolescence.
Mmmmh, suis pas sûre que ça va marcher. Qui suis je ? Ou vais je…allez, c’est décidé, si mes filles se font tatouer, je brûle mes vêtements de Djeune.
Comment avez vous mis le feu à votre appartement ? Ben voilà , je lisais un article sur les adolescents et…

horrible trahison
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Mercredi 09 février 2005 @ 8:36

Diane, comme Marine, mes deux filles ont vécu la même expérience, à quelques années d’intervalle, l’horrible trahison de la meilleure copine.
Elles sont rentrées en larmes, genre à noyer la rue entière, laissant derrière elles une rivière en crue et des gens désespérement accrochés à des lampadaires. Si si, j’exagère à peine.
Evidemment, telle une Zorro non masquée, je vole au secours de mes poussines, kleenex en main. Tout d’abord nous évoquons ensemble les tortures que nous allons faire subir aux méchantes, délices sadiques allant du Pal, à l’écartelement par quatre chevaux furieux en passant par diverses éviscérations et lacérations. Ca apaise tout de suite et puis comme je mime les tortures et le bourreau qui se prend les pouces dans les pincettes, évidemment, elles finissent par craquer et par rigoler. Ensuite, je m’enquiers de l’importance de la trahison. Là aussi, divers degrés. il y a le « Elle m’a abandonnée pour une autre copinnennneuuuh ! Bouuuhouuuu ! » et aussi le « Elle a dit des trucs méchants dans mon dos, bouuuhouuuu ». Bon, tant qu’on en est pas arrivé au « Elle m’a piqué mon petit copain bouuuhouuu », à priori, ce n’est pas très grave. Nous pansons donc les plaies (il a fallu tout de même que j’intervienne une fois auprès d’une maman dont le fils agressif pourrissait la vie de Marine, Yes, maman sur son cheval blanc, c’est moi !), nous faisons provision de kleenex et nous méditons une juste vengeance. Cela dit, je suis farouchement contre la vengeance. Ca fait perdre du temps, ce n’est pas productif et les renversements d’alliance à l’école étant aussi courant que les trahisons en politique (c’est pour dire !) la pire ennemie d’aujourd’hui peut devenir la meilleure copine de demain. Ahhhh, les copines d’école ! tout un poème !