les puissants et les blondes à forte poitrine
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Samedi 29 janvier 2005 @ 11:56

J’ai fait un rêve super bizarre cette nuit. J’ai révé que je couchais avec Nicolas Sarkozy. Déjà à la base, c’est assez étrange, parce que je ne connais pas ce monsieur. Ensuite, parce que si je dois me mettre en scène avec quelqu’un d’autre que mon mari dans mes rêves, je préférerais que mon cerveau choisisse Robbie Williams (wahou, il est hot hot) ou Brad Pitt, s’il vous plait merci.
Du coup, ça m’a fait réfléchir (et oui, ça m’arrive !) sur la raison pour laquelle nous sommes attirées par la puissance, l’argent ou le pouvoir, et pourquoi les hommes sont attirés par les blondes à taille fine et forte poitrine. Ben c’est l’instinct. Et pour se battre contre l’instinct, faut s’lever de bonne heure. Les hommes aiment les fortes poitrines parce que le capital génétique leur dit que leur enfant ne manquera pas de lait et ne mourra donc pas de faim, à taille fine et hanches larges, parce qu’ainsi l’accouchement ne tuera pas la mère, et à jolie visage parce que des traits réguliers indiquent un bon système immunitaire (ca c’est valable des deux côtés). C’est donc tout à fait instinctif. De notre côté, nous aimons la puissance, parce que cela indique que nos enfants seront en sécurité, la force parce qu’ainsi le chasseur rapportera à manger à la maison et le pouvoir, parce qu’un homme charismatique rassemblera la tribu autour de lui et la menera vers de meilleurs paturages. C’est dingue, mais c’est comme ça. Et c’est probablement à la base de tas de malentendus entre les deux sexes. Les hommes reprochent aux femmes d’être intéressées, et les femmes reprochent aux hommes d’être obsédés. Mais c’est normal ! rien de particulier à ce sujet ! Avant que la civilisation ne soit inventée, c’est ainsi que les hommes ont pu survivre. Et pour gommer des millions d’années de comportement primaire, ben c’est pas si simple. Par exemple, les phéronomes. C’est l’odeur que chaque personne exude. Je ne parle pas de transpiration ou de parfum, mais de ces machins qui arrivent directement au cerveau et indiquent à la machine si la personne en face est « acceptable » ou pas. Ben là aussi, c’est un comportement primaire, totalement indépendant de notre volonté.
A tout ceci, nous avons ajouté des tas de paramètres. il faut que le garçon soit gentil, qu’il ressemble du mieux que possible au prince charmant et qu’il soit capable de nous rendre heureuse. De son côté, le garçon veut que nous soyons gentilles, que nous ressemblions le plus possible à la princesse sexy de ses rêves et que nous le rendions heureux. Alors tout ça qui se mélange avec les instincts primaires…pas étonnant que les livres d’amour cartonnent aussi fort, que les psy affichent complets…et que ça donne moi en train de réver que je couche avec Nicolas Sarkozy ! Va falloir que je discute un peu avec mon cerveau, moi, j’crois qu’il a pas tout bien compris !

Gourmandise
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Vendredi 28 janvier 2005 @ 10:48

Je suis gourmande. Enfin, pas uniquement gourmande, « Ã©picurienne », serait plus juste. Et cette semaine il m’est arrivée la pire chose qui puisse arriver à une gourmande. J’ai perdu totalement le sens du goût. Ca m’était jamais arrivé, comme quoi, hein, on en découvre des choses ! La grippe ayant complétement obstrué mon pauvre nez (elle a eu du boulot, hein, j’ai certainement des éléphants dans mes ancêtres !), ne pouvant plus rien sentir, je ne pouvais donc plus rien gouter.
Comme tout le monde (à part les petites veinardes qui peuvent manger n’importe quoi et ne pas prendre un gramme et que nous détestons et jalousons profondément), je suis une parfaite victime de la mode qui veut que nous soyons toutes jeunes (oups, dans mon cas, c’est raté) jolies (je suis juste mignonne, mon mari et mes filles me trouvent belle, l’amour est aveugle, tout va bien) et minces (La duchesse de Windsor disait « never too thin, nerver too rich », Jamais trop mince, jamais trop riche, quelle andouille celle-là !). Pour répondre à ce dernier diktat, puisque je ne corresponds pas aux deux autres, j’ai donc avec la nourriture, que j’adore, des rapports amour/haine assez conflictuels. Et voilà donc que cette semaine, je découvre avec stupeur que je ne mange pas pour satisfaire ma faim, mais uniquement par goût. Exemple : Hier il y avait du poulet au curry. J’adore le poulet au curry, je vénère, je me prosterne devant la poulet au curry. Je sauce la crême avec une immense délectation, je suce les os qu’un homme de néanderthal serait jaloux, je dévore la peau et tous les trucs bien gras, bref, je suis une goulue absolue. Donc, me voilà devant mon assiette et machinalement, je vais pour ajouter de la sauce. Puis j’interromps mon geste en me disant que de toutes les façons, je ne sentirais rien, alors, pas la peine. Je me suis donc concentrée sur la sensation de satiété. Un bout de cuisse et deux cuillerées de riz plus tard, je n’avais plus faim. Alors qu’en temps normal, je dévore une cuisse et une aile, plus la moitié de la carcasse, j’arrose ma demi-tonne de riz avec des litres de sauce (vous prendre bien un peu de riz avec votre sauce, c’est moi !) au point d’en faire une sorte de soupe, bref, je présente un spectacle à faire démissionner un diététicien. Et je conclus en général avec un yaourth (ben non, hein, pas zéro pour cent, j’aime pas) aux cerises pèches etc, et souvent aussi avec un petit bout de quatre quart maison (c’est léger, juste un quart de beurre, un quart de sucre, un quart de farine et un quart de jaune d’oeuf). Ca fait un peu orgiaque, je sais, mais c’est réellement la réaction que j’ai lorsque j’aime vraiment un plat (faut m’voir devant un couscous !). J’ai donc été totalement surprise de découvrir que cette faim énorme que j’avais, disparaissait presque complétement lorsque le sens du goût disparaissait lui aussi. Comme toute la semaine a été comme ça, j’ai donc réduit tout ce qui était gras (les gateaux à la crême, les plats en sauce, tout ce que je préfère) arrété le chocolat (ça c’est une terrible punition pour moi !) et autres délices culinaires et j’ai perdu deux kilos. De 56 à 54. Yeeeppeeehh ! C’était pas spécialement le but, j’étais bien dans ma peau avec 56 kilos pour 1,62 m, mais bon, autant en profiter !
Forte de ce constat, j’ai donc découvert une étonnante façon de faire un régime: La prochaine fois que je veux maigrir, je me colle une pince à linge sur le nez !

s…..erie de grippe !
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Jeudi 27 janvier 2005 @ 12:16

Gue suis baladeuh ! Gomblétement baladeuh ! (à chanter le nez bouché sur la musique de Serge Dromadaire…pardon Lama). Je ressemble à un tableau d’arcimboldo, vous savez, ce peintre du 16ème siècle qui peignait des personnages avec des fruits et des fleurs. Ma tête est comme une citrouille, mes yeux ressemblent à la production ovarienne d’une poule qui aurait de sérieux ennuis gastriques, mon nez ressemble à une betterave qui aurait dépassé la date limite depuis longtemps. De longs frissons bien glacés dévalent en choeur dans mon dos, alternant avec des vagues de fièvre qui transforment mon lit en piscine couverte. J’ai tellement de courbature que j’ai l’impression d’avoir couru un triathlon, avec un petit épisode boxe incorporé et je pose sur le monde un regard vitreux de cocker en phase terminal.
bref, c’est la cata, bouuhhouuu, que je suis malheureuse. En plus, j’ai un énorme problème, c’est que j’ai absolument horreur des médicaments. Il faut quasiment un forceps, un écarteur de machoire et une solide motivation (je mords !) pour me faire avaler le moindre cachet. Mais cette fois-ci, point de sursis. Il faut que je me tape l’énorme cachet rond qui fait au moins cinq centimètres de diamètre, plus trois gélules et un autre machin à la joyeuse couleur orange, genre qu’on veut me faire croire qu’avec de la couleur ça sera meilleur. Beurk !
Déjà , la pilule, c’était l’horreur. Je l’oubliais un fois sur deux (avec les transes que cela implique lorsque je m’en rendais compte) et je maudissais son inventeur qui aurait pu nous trouver un truc qu’on soit pas obligé d’avaler tous les jours. Et puis, ces machos, y z’auraient pu trouver aussi un truc à donner aux garçons, hein ! Pourquoi que c’est toujours nous qui nous y collons ?
Ah, pour eux, il y a le petit bout de plastique super extensible, parfois parfumé (!) et coloré (!!), me direz vous. Mmmh, pour les relations disons, occasionnelles, oui, c’est absolument indispensable, mais quand on vit avec quelqu’un, ben, au bout de quelques mois, on s’en passe super bien du morceau de plastique. Et du coup, paf, le seul machin à peu près sûr c’est la pilule. Et qui c’est qui prend la pilule ?
Bon, sur ces grandes considérations philosophiques, vu que mes mains tremblent trop pour travailler sur mon clavier, je retourne grelotter sous ma couverture.
O’scours, sortez moi de cette grippe !

Anecdotes
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Mercredi 26 janvier 2005 @ 9:53

Très souvent, je recois des mails de fans qui me demandent où je vais puiser toutes les idées délirantes qu’il y a dans Tara Duncan.
Ma réponse est invariablement la même. Comme je danse comme une enclume (aie aie aie pour mon partenaire, j’ai dépeuplé des pistes de danse entière !) que je dessine comme un pied (et encore, même avec leurs pieds les autres feraient mieux que moi) et qu’on pourrait m’embaucher pour la danse de la pluie lorsque je chante (la castafiore, c’est d’la rigolade, moi j’vous l’dis !), je pense que Dieu a eu pitié et m’a donné de l’imagination. Beaucoup, beaucoup d’imagination. Qui déborde, fulmine, bouillonne, résonne dans mon  pauvre cerveau.
Qu’est ce que l’imagination ? En fait, c’est aussi beaucoup de curiosité et de sens de l’observation. Très souvent, lorsque je me promène avec mon mari et mes filles, je remarque des trucs qu’ils ne voient pas. Et là où ils diraient, commentant la chute d’un gamin sur sa trotinette, moi ça devient James Bond qui fait trois salto arrière, saute par dessus une vieille dame, glisse sous les roues d’un trente tonne et s’arrête de justesse avant que le bus ne l’écrase.
Voilà donc notre vérité, à nous les conteurs. Nous transformons la vie en anecdotes. N’est ce pas la vérité ? Tout le monde fait ça. Votre rencontre avec votre meilleure copine ou avec votre petit copain ? Anecdote. Votre plus belle bagarre à la cantine à coup de petits pois ? Anecdotes. Votre dispute avec votre mère parce qu’elle ne veut pas vous laisser sortir plus tard Samedi pour-la-super-fête-de-machine-et-toutes-mes-copines-y-vont ? Anecdote. Celles qui ont de l’imagination racontent ces anecdotes d’une façon ludique. Celles qui n’en ont pas le font d’une façon classique. Mais parfois la vie vous impose des anecdotes qui sont si parfaites, si incroyablement vaudevillesques, qu’il est impossible d’y rajouter la moindre épice. Voici une merveilleuse et parfaite anecdote qui nous est arrivée il y a quelques années :
Philippe a été atteint d’une otospongiose. Un truc qui déglingue les petits os de l’oreille et finit par rendre les gens sourds. En général ça concerne plutôt les femmes et sur une seule oreille. Le professeur qui a opéré Philippe était donc très surpris de ce qui arrivait à mon mari. Philippe avait perdu 40% d’audition à une oreille et 20% à l’autre, ce qui était énorme pour quelqu’un d’aussi jeune (à l’époque, c’était il y a cinq ans, il avait donc 42 ans).
Il a donc été opéré et soudain je me suis retrouvée avec l’Homme qui Valait Trois Milliards sur les bras (vous connaissez cette série ? Un type, Steve Austin, ancien astronaute, devient un homme bionique, à la suite d’un accident. On lui remplace les deux jambes, un oeil et une oreille, du coup, il devient un espèce de super héros, sa déclinaison était Super Jamie, hé, on est fan de série ou pas, hein !). Comme le cerveau de Philippe avait compensé, il entendait à 150% et le cri-cri d’une cigale à cinquante mètres le faisait s’accroupir de douleur, les mains sur les oreilles. C’était ridicule. Moi j’étais assez morte de rire, je l’avoue. On aurait pu l’embaucher comme espion, c’était super ! Bref, c’était en Juillet et comme, du fait de la pression, il ne pouvait prendre ni le train ni l’avion, nous sommes allés en vacances dans un chateau hôtel en bretagne. Toute une aile du Chateau nous était réservées. Il y avait un couloir, notre chambre, puis encore le couloir et la chambre des filles au fond et c’est tout. Notre chambre avait une terrasse en rond, qui faisait tout le haut du donjon. C’était vraiment magnifique et la chambre était immense. Je ne dis pas ça pour frimer, je précise, mais juste parce qu’il est important de comprendre la disposition des lieux.
On venait de nous apporter notre petit déjeuner, lorsque Philippe, avec son oreille bionique, a entendu la porte de la chambre des filles s’ouvrir (je précise que nous étions sur la terrasse, hein), pour accueillir la nana qui apportait leur petit déjeuner.
En général, lorsque les filles se réveillaient, elles venaient dans notre chambre nous faire un calin. Donc, Philippe a décidé de leur faire une blague (il est très taquin mon mari !). Il s’est posté derrière la porte et dès qu’elle s’est ouverte a bondit en poussant un grand : »Aahhhahhahaaaa ! »
Le seul truc qu’il n’avait pas imaginé, c’était que la nana du petit déjeuner avait oublié de nous apporter le lait et le beurre.
Aussi, lorsque Philippe lui a sauté dessus en criant « Ahhahahahhaa », le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle ne s’y attendait pas du tout.
Elle a fait un grand bond, a laché son plateau qui est allé valdinguer par terre, a mis les mains sur son coeur et a faillit tourner de l’oeil.
Philippe, super ennuyé la soutenait en lui disant « Oh la la , je suis désolé, je suis désolé, je croyais que c’était les filles ! Je suis désolé !
Moi j’étais encore sur la terrasse et je pleurais de rire dans ma serviette.
La nana a jamais voulu croire qu’il n’avait pas fait exprès.
- Ca fait trente ans que je fais ce métier, a t elle balbutié, et en trente ans, on m’avait jamais fait un coup pareil !
Et elle est partie en titubant. On a même pas osé demander du beurre (qui avait terminé sur le tapis), cela dit, on rigolait tellement que je crois qu’on se serait étranglés si on avait essayé de manger. J’ai dit à Philippe qu’à mon avis, ils nous avaient préparé la note et qu’ils allaient nous virer manu militari. En fait non, mais à chaque fois que nous allions quelque part, il y avait un chuchotis sur notre passage.
Déjà l’anecdote en elle-même était parfaite. Rien qu’en l’écrivant, j’ai les neurones qui palpitent de joie et le rire qui pointe le bout de son nez. Mais le plus beau fut le lendemain matin. Nous avons commandé notre petit déjeuner et nous étions dans notre lit lorsqu’on a frappé à la porte. Une grosse voix a dit
- PETIT DEJEUNER !
Et Vlaaaah ! La porte s’est ouverte et est allée violemment heurter le mur. Genre « si un petit malin se cache derrière j’vas lui faire passer le goût de faire des blagues en l’écrabouillant. »
Et alors apparut un énorme type, dans les mains duquel le plateau faisait vraiment minuscule, qui nous a dévisagé d’un air de dire « bougez une oreille, les p’tits gars, et il va vous arriver des bricoles », a posé le plateau sur nos genoux d’un air menaçant et est reparti en faisant claquer la porte dans l’autre sens.
On a faillit tout renverser tellement on a rigolé avec Philippe.
Et voilà . C’est ce que j’adore dans la vie. Ces parfaites anecdotes qui vous tombent dessus au moment où vous ne vous y attendez pas du tout, et qui épicent joliment notre existence !

première rencontre parents/petit copain
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Lundi 24 janvier 2005 @ 11:24

Il arrive forcément dans la vie, le moment où les petits copains rencontrent les parents. Que ce soit en ouvrant bêtement la porte juste au moment où ledit copain vous roule une galoche d’enfer, ce qui donne toujours lieu à des réactions intéressantes, que ce soit lors d’une sortie où le petit copain vient vous chercher et est passé aux rayons lasers du reste de la famille pendant que vous cherchez désespérément votre seconde boucle d’oreille, ou encore lors d’un très officiel diner où il est convié parce que votre papa et votre maman veulent voir la tête du zozo qui est en train de tourner celle de leur fille.
J’ai choisi d’éviter les scènes génantes, et ai donc opté pour le diner très officiel pour présenter Philippe à Maman.
Soyons franches, c’était mal parti dès le départ.
Philippe vient d’une famille où la bonne bouffe est primordiale.
La relation de ma mère avec la cuisine était la même qu’avec les enfants. Elle sait que ça existe mais n’est pas forcée d’aimer pour autant.
Or, ce jour là , ma mère avait décidé de faire préparer un couscous par l’une de nos deux domestiques qui était d’origine marocaine et le faisait d’une façon délicieuse.
Pourquoi, me direz-vous, du couscous, qui est un plat plutôt basique. Parce que ma mère avait de philippe une vision assez…disons…primaire de mon futur époux. Occultant absolument que Philippe avait fait HEC, monté sa propre société en remportant le prix de la Fondation France et gagnait déjà très honorablement sa vie alors que ça ne faisait qu’un an qu’il avait créé son entreprise, elle le voyait comme une sorte de néanderthalien aux muscles noueux, au front bas, sentant fort le musc et couvert de peau de bêtes. Un peu dans le genre du dompteur de stéph de monac. Seule explication, à ses yeux, du fait que je sois tombée amoureuse d’un garçon qui n’avait pas d’argent.
L’attrait des abdo en tablettes de chocolat quoi !
D’où le couscous, plat parfait pour un type qui ne devait probablement pas savoir se servir de couverts.
Le seul tout petit problème, c’est que ma mère s’est absentée toute la journée, qu’elle n’était pas joignable (et oui les filles, pas de portables en ces temps anciens !) et que la domestique s’est attrapée une gastro d’anthologie (je passe sur les détails), qui a débutée à peu près au moment où elle allait commencer à préparer le diner, vers 17 Heures.
La table était mise, le champagne était au frais, mon beau-père n’était pas là , ce qui me convenait tout à fait…et il n’y avait rien à diner.
Maman est arrivée à peu près en même temps que Philippe. Constatant le désastre, et sans se départir de son calme, elle a décidé de décongeler quelque chose.
Des grillados.
Des sortes de steaks hachés congelés avec de l’oignon dedans ou natures.
Que nous gardions au congélateur pour les cas déséspérés, ou quand nous n’avions plus de viande pour les chiens.
Petit apparté à propos de ma mère. La première fois où elle a voulu faire la cuisine toute seule, ce fut après son mariage avec mon père. Ils venaient d’aménager dans leur bel appartement tout neuf et elle a voulu préparer des oeufs au caviar. C’est assez simple comme recette. Faire bouillir des oeufs, mollets, puis décapiter, mettre du caviar et recouvrir d’un peu de crême. Pour la seconde partie elle avait compris. C’est la première qui fut un peu difficile.
Elle a mis les oeufs dans la casserole.
Elle n’a pas mis d’eau.
Elle a retrouvé les oeufs collés au plafond.
Les principes de la thermodynamique s’étant appliqués à la poche d’air à l’intérieur de l’oeufs, les siens s’étaient donc envolés.
La cuisine a été repeinte « jaune d’oeuf à moitié cuit et violemment projeté sur les murs ».
Mon père et elle se sont séparés six mois après. J’ignore si les oeufs ont été déterminant ou pas dans l’affaire.
Vous imaginez donc l’état des grillados (je précise qu’à l’époque j’étais pas plus douée, hein, alors je jette aucun oeu…hrmmm, pierre à ma mère).
Ils étaient un peu crus d’un côté et carbonisés de l’autre. Philippe, qui partait du principe assez juste en général qu’on recevait les gens en fonction de l’opinion qu’on avait d’eux, sut instantanément que ma mère le détestait.
Il n’avait pas tort. Elle le trouvait petit, mesquin et coincé dans son costume trois pièce.
Il la trouvait égoiste, froide et futile.
J’étais mal partie.
Le diner fut vraiment un cauchemar. Ils étaient tellement polis l’un avec l’autre que j’en grincais des dents. Et les nons dits étaient tellement bruyants qu’ils auraient hurlé, que ça aurait été la même chose.
- Alors, Cher Philippe, attaquait maman, vous avez fait une école de commerce, je crois.
Sous entendu : Un truc merdique dont je ne me souviens même pas du nom.
Philippe glacial, qui avait passé six concours, et réussi les six :
- Oui, j’ai fait HEC, c’est considéré comme la meilleure école de commerce en France. La majorité de nos ministres et énarquiens viennent d’HEC.
Sous entendu : tu connais pas HEC, p’ove brèle ?
- Oh, mais c’est une école très chère non ? Vous avez eu une bourse ?
Sous entendu : Pauve loc’du, tes parents n’ont pas un centime.
- Mes parents se sont saignés aux quatre veines pour leurs enfants.
Sous entendu : chose que tu n’aurais jamais fait pour les tiens sale égoiste.
- Je vois. Et grâce à cette école, vous gagnez bien votre vie maintenant ?
Sous entendu : T’auras jamais assez de fric pour entretenir le train de vie auquel j’ai habitué ma fille.
-Suffisamment pour réinvestir judicieusement dans mon entreprise et construire mon avenir.
Sous entendu : pendant que toi tu dilapides ton capital en faisant la fête, moi je mets de l’argent de côté pour plus tard. On verra dans quelques années qui a eu raison et qui a eu tort.
Vous connaissez « ma sorcière bien aimée » ? Ben maman tenait parfaitement le rôle d’Endora en plus jeune, plus jolie et moins magique, pendant que Philippe faisait un parfait Jean-pierre. Moins abruti, dieu merci, mais tout aussi amoureux.
Finalement, le fait qu’il n’y ait pas grand chose à manger (maman n’est pas une grosse mangeuse) fit que le diner fut très court. Ce qui m’arrangeait tout à fait.
Je raccompagnais Philippe qui m’embrassa tendrement devant le jardin et me dit qu’il comprenait à présent beaucoup de choses et qu’il me plaignait beaucoup, ce qui je l’avoue m’a un peu agacée.
Je suis rentrée et Maman m’est tombée dessus comme une tonne de brique, disant qu’elle ne comprenait pas du tout et qu’elle me plaignait beaucoup. Ce qui m’a également agacée.
Je suis montée me coucher en pensant que le monde était décidément bien compliqué et que les rencontres parents/petits copains étaient une invention stupide !

Le Grand Ammuuuuur suite, fin et…début !
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Samedi 22 janvier 2005 @ 21:11

Donc nous voilà en route pour Etrechy. Nous arrivons directement aux écuries, car à partir du Chateau du copain de philippe, nous partions quatre jours dans d’autres chateaux hotels, munis d’écuries. Je rappelle que nous étions le week end du quinze Août.
Je découvre le cheval de philippe. cheval qu’il avait acheté (pas cher) et partageait avec un de ses amis. Un pur sang anglais, réformé des courses. Philippe est un garçon très très prévoyant. Il avait donc acheté à peu près tout ce qui est possible et imaginable de mettre sur un cheval afin de le protéger pendant la randonnée. Résultats, son cheval ressemblait à un arbre de Noel. Il clignotait pas mais tout juste. Jaysan (c’était son nom) avait l’air un peu surpris d’avoir autant de trucs sur le dos et sur les jambes, mais c’était un gentil cheval, comme son maitre, alors il n’a pas bronché. J’ai moi hérité d’un magnifique cheval noir, Diable noir, un étalon arabe au très très mauvais caractère. D’ailleurs, quelques temps après, comme il attaquait les autres chevaux, le club l’a fait couiiicc. Doit y avoir une morale, la dessous. Si tu as mauvais caractère, couiiiccc. Au sujet de l’équitation, les filles, je vous pousse à vous interroger sur la raison pour laquelle nous aimons autant un sport aussi propre (!), inodore (!!) et calme (!!!). Doit y avoir du Freud la dessous !
Bref, jusqu’à présent, tout allait vraiment bien. Pas de famille, pas d’ex envahissant, les gens paraissaient charmants et je tombais amoureuse de Philippe Ã une allure dépassant de peu la vitesse de la lumière. Parait que c’est impossible a dit Einstein. Ben y m’connaissait pas !
La journée se passe super bien. Et nous arrivons au premier relais. On desselle, Philippe passe une demi-heure à badigonner son cheval avec de l’alucan (un désinfectant à base d’aluminium. Jaysan avait une peau incroyablement fine et tous les trucs que lui avaient mis philippe lui avait causé des atteintes (petites blessures) un peu partout). Moi j’étais morte de rire, pas à cause de Jaysan, le pauvre, mais devant la tête de Philippe, qui était en train de repeindre littéralement son cheval en argent.
Et ça, c’était rien.
On se dirige vers l’hôtel. Imaginez moi, rose jeune fille… un peu puante, avouons le après une journée d’équitation…évoquant avec émotion la première étreinte brûlante (après un bain frais, tout de même !) avec mon promis.
Mais le club avait oublié de réserver les chambres. Et en trouver un autre, un quinze Aout, était à peu près aussi probable que de trouver une boule de neige en Enfer (pas celui de Dante, hein, pour les petites malignes, le bon vieux sans les neuf cercles, dont le gelé).Vous connaissez Perette et le pot au lait, adieu veaux, vaches, cochons ? Ben moi c’était la même chose, adieu bain, étreinte brûlante et lit douillet.
On a dormi dans les écuries. Pendant trois jours. Avec les chevaux, et la douzaine de personnes qui avaient excursionné avec nous. Question intimité, c’était pas ça. Retour sur investissement de Philippe….zéro.
Ce n’est pas gentil, mais j’avoue sincérement que j’ai trouvé ça tellement drôle que j’ai rigolé pendant trois jours.
Le quatrième jour, Philippe était fermement décidé à m’éblouir. Il avait retenu une chambre dans le chateau hotel de son copain (pour la dernière nuit) et donc, savait que tout était ok. Enfin, c’est ce qu’il pensait.
Avant d’écrire la suite, je voudrais que vous preniez en considération le fait que tout ce que j’ai raconté est la stricte et totale vérité. Roméo et Juliette dans la recherche de la consommation de leur impossible amour, c’était de la gnognotte à côté de nous.
Nous voilà donc de retour de notre périple. D’un bras viril, Philippe empoigne nos bagages et nous montons à l’étage.
Petit aparté. Entre temps, ce que nous ignorions, c’était que le copain de philippe avait eu des ennuis d’argent. Et qu’il avait trouvé des producteurs de cinéma pour louer son Chateau, à l’année. Lesdits producteurs avaient redécorés les chambres pour les besoins de leurs films.
Hrrrmmm. Le genre de film où il y a beaucoup de X et pas beaucoup de vétements. Bref, oui, vous avez compris, vous qui vous écroulez sur la moquette en hoquetant de rire, à des producteurs de film pornos.
Aussi lorsque Philippe a ouvert la porte, il pensait l’ouvrir sur une coquette chambre dix huitième.
Il l’a ouverte sur une succursale de lupanar. De bordel pour celles qui connaissent pas. La chambre était tendue de velours pourpre, une peau d’ours blanc devant la cheminée, qui en dépit des 35° était allumée, des miroirs en forme de coeur au dessus du lit et des tableaux pour le moins…suggestifs, un peu partout. Sans compter les meubles bizarres qui suggéraient des positions que l’église et la morale réprouveraient.
Philippe a pali et il a eu une réaction extraordinaire.
Il a refermé la porte.
Puis il s’est tourné vers moi et m’a dit.
- Je te jure que je n’y suis pour rien. Je ne sais pas ce qui s’est passé. Ils ont fait quelque chose à la chambre !
Ben oui, ils avaient fait quelque chose à la chambre, et indéniablement dans la chambre aussi. Un peu géné, le copain a expliqué ce qui s’était passé. Philippe voulait repartir aussi sec, mais c’était tellement drôle, que bien sûr j’ai insisté pour rester.
Il a passé la soirée à s’excuser. J’ai passé la soirée à rigoler. On a passé une nuit formidable, excitante et délirante. On a même voulu essayer l’un des meubles, mais on devait pas avoir assez d’imagination, parce qu’on a jamais réussi sans se casser la figure, alors on a renoncé.
Et depuis j’ai refusé de quitter un garçon capable de me faire autant rire !

le grand ammuuuuuuur suite de la suite de la suite…
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Vendredi 21 janvier 2005 @ 20:10

Houla, toute la journée à courir et pas une seconde pour raconter la suite de ma rencontre avec Philippe. Alors, accrochez vos ceintures, les filles, on décolle pour le septième ciel (je me suis toujours demandé ce qu’étaient les six autres !)
Me voilà donc devant ce que redoutent absolument toutes les filles et bien plus de garçons qu’on veut bien le dire : ma penderie.
Une heure plus tard, je suis quasiment au bord de la crise de nerf. Bouhhhhouuu, pleurniche je et là , je prononce la phrase qu’on a toutes prononcée : J’ai-plus-rin-à -me-mettttttttrrrree !
Que celles qui rigolent se dénoncent ! Bref, j’essaye des tas de trucs pour me rabattre sur l’indémodable, le joli jean assorti à une blouse brodée (au placard Kate Moss et autres Naomie, moi j’étais hip avant l’heure !), et chaussures compensées, histoire d’ajouter quelques centimètres à mon misérable un mètre soixante deux. 
Philippe est venu me chercher (non, les filles pas sur un cheval blanc mais dans une mini verte). Il a trouvé que j’étais ravissante (il avait intérêt vu les trois heures que j’avais passé à me maquiller, démaquiller, coiffer, décoiffer, habiller, déshabiller etc…). Il a légèrement bousillé son parcours jusque là  sans faute en spécifiant que ma blouse ressemblait à celles que mettaient sa grand-mère. En fait dans son esprit c’était un compliment. Vous connaissez Ally Mac Beal ? Vous savez cette avocate névrosée qui imagine ce qu’elle fait aux gens, genre souffle brûlant carbonisant une nana, ou un gant de boxe géant surgissant de nulle part et assommant son vis à vis ?
Ben moi, là , ça été le gant de boxe. Plaquant un sourire au prix d’un effort surhumain (putain, sont pas doués ces bonhommes !) je me suis abstenue de l’assassiner, ai retenu de justesse les remarques meutrières qui brulaient mes jolies lèvres purpurines (rouge à lévrées, glossées et tout et tout) et lui ai dit, charmante :
- Elle a très bon goût ta grand-mère, c’est une blouse Chanel (que j’avais piqué à ma mère en fait).
J’vous l’dis, j’ai été héroïque. En fait je pensais très fort « Tu as raison, d’ailleurs comme je m’habille comme une grand mère, je pense que je suis trop vieille pour toi et comme il se fait tard et que je n’ai pas eu ma bouillie, il va falloir que je rentre. A mon âge, on n’aime pas se coucher trop tard ». Mais je l’ai pas dit, non mesdames, et mesdemoiselles, je l’ai pas dit ! Et pourtant, l’ombre cynique de ma maman qui n’aurait pas raté cette sortie pour rien au monde, veillait depuis mon épaule.
Il a du sentir qu’il s’était un peu planté sur ce coup là , parce qu’il m’a abreuvé de compliments pendant tout le trajet.
Nous sommes arrivés au restaurant. Je ne sais plus de quoi nous avons parlé ou ce que nous avons mangé, mais au bout de ces quelques heures accumulées, matin et soirée, j’avais l’impression de le connaitre depuis toujours. Genre qu’on avait échangé les biberons dès la maternité.
Il m’a racompagné chez moi et là , oui, mesdames et mesdemoiselles, le Premier Baiser.
Délicieux, parfait et… tragiquement court, car mon ex-fiancé est arrivé à ce moment là . Pile poil. J’arrivais pas à y croire. Même encore aujourd’hui, je me dis qu’un timing comme ça, ben y’a quelqu’un qui m’en voulait vraiment quelque part.
Ex- fiancé dont je m’étais séparée quelques jours plutôt raison de mon broyage de supra noir, voir les épisodes précédents.
Vous imaginez la scène. Ben c’est pire. Moi, rouge dans le noir, très stendhalienne, Philippe percutant pas ce qui se passait et…disons XXX pour préserver son anonymat, comprenant, lui, parfaitement.
Je chasse environ trois litres d’air de mes poumons (ce que j’avais emmagaziné en vue du baiser) et je salue l’icelui XXX.
Coup de bol, il l’a pas fait à l’italienne avec grands cris indignés (hé, je l’avais largué, hein, j’étais libre comme l’air !), mais plutôt à la scandinave, genre glacial, toisant son adversaire et calculant où et comment il allait lui planter un fleuret dans la poitrine.
Puis il a claqué les talons, très Baron Von XXX et s’est éloigné, très digne, après avoir tout de même lancé un sec « je t’appelle, Sophie, il faut qu’on parle ».
Glurps !
Je me suis retournée vers Philippe, craignant qu’il ne me prenne pour ce genre de nana qui joue avec les mecs, mais il avait l’air de trouver l’épisode plutôt amusant.
- C’est un… ?a t il demandé
- Garçon, ais je répondu ingénument, refusant d’entrer dans les détails.
- Garçon, oui, indéniablement, a t il gloussé (oui les filles, il a gloussé, j’étais sauvée !)
- Bon, on en était où, ais je tranché, bénissant le fait que ni ma mère ni ma petite soeur ne soient là , parce qu’à coup sur, après l’ex, j’aurais eu droit à l’envahissante famille.
Et là , paf, faisant preuve d’une impressionnante maturié, il a renoncé aux explications et m’a réembrassé. Une perle je vous dis !
Et là , il a placé la touche finale.
- Je voudrais qu’on passe le week end ensemble. Je sais que monter à cheval te manque. J’ai des copains qui ont un chateau avec un club hippique, près d’Etrechy. Ca te dirait qu’on passe le quinze Août là -bas ?
Je savais qu’il n’avait pas beaucoup d’argent, aussi j’ai été très touchée qu’il me propose de venir avec lui.
Alors, devinez quoi ? Ben j’ai dit oui. Et c’est là que les choses se sont gâtées.
Promis, suite et fin ce week end !

le grand amuuuuuuurr suite de la suite
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Jeudi 20 janvier 2005 @ 15:51

Ah, fit il un peu ennuyé, en fait je voulais vous faire la surprise.
Alors là , c’était carrément raté. Je n’ai donc rien dit, mais un léger soupir indigné de ma part a laissé entendre ce que je pensais de l’indiscrétion de la fausse baronne.
- je pensais vous apporter quelques croissants pour le petit déjeuner, a t il enchainé, le bougre.
je dis le bougre, parce que c’était gonflé tout de même de proposer d’entrée de jeu un truc comme ça à une fille.
J’ai rigolé
- Vous avez raison, c’est pus original que de m’inviter à diner, ais je lancé, mutine.
- Hrrrmmm, as t il fait, encore plus géné, en fait je comptais vous inviter à diner aussi.
Bon, d’accord les filles, les comme celui là , faut pas les lacher hein !
- Avec plaisir, ais je susurrée de ma plus belle voix Greta Garboienne (traduction en moderne, de ma plus belle voix madonnienne), je vous indique mon adresse.
Dès qu’il a eut raccroché j’ai foncé ventre à terre prendre une douche, me laver les cheveux (le casque, c’est un horreur pour les cheveux), demandé aux domestiques de préparer le petit déjeuner dehors (et je veux pas entendre de reflexions désobligeantes sur les domestiques, merci beaucoup) dans notre jardin. J’habitais derrière Roland Garros à l’époque, où ma mère et mon beau-père avaient leur maison (on dit hotel particulier à Paris, mais je trouve que ça fait snob, alors disons maison, hein) et nous disposions d’un ravissant jardin.
Philippe ne savait pas où j’habitais (euuuh, la salopette jaune caca d’oie et le scooter à vingt ans lui avaient fait penser que j’habitais un studio). Aussi fut il un peu surpris en arrivant devant chez moi, en costume cravate, super élégant (il avait un rendez vous de travail)  avec des croissants de chez Lenôtre (j’vous l’dis, une merveille ce garçon) et un bouquet de roses roses (pour les qui savent pas, ça veut dire amitié, les roses rouges, c’est pour l’ammuuuurrr !). Je me suis extasiée devant les roses, ait gloussé de délice devant les croissants et nous nous sommes installés devant le petit déjeuner.
A l’époque, Philippe était l’opposé de ce que j’étais. J’étais aussi exhubérante (bon, admettons, fatiguante) et papillon, qu’il était calme et pondéré (maman disait « coincé », les débuts entre les deux furent difficiles, c’est rien d’le dire).
Nous avons discuté toute la matinée.
Il a raté deux rendez vous, n’osant pas m’avouer qu’il devait partir. J’ai trouvé ça super mignon quand son associé, Pierre, me l’a avoué bien des mois plus tard.
Je découvris que Philippe Ã©tait sorti d’HEC avec les meilleures notes, et venait d’une famille très modeste. J’vous dis, l’opposé de moi. Il était prodigieusement intelligent (il l’est toujours !) incroyablement cultivé et surtout, super bosseur (le fait qu’il rate ses rendez vous pour moi était l’hommage suprème de son attirance !). Au bout de quatre heures, il a fini par balbutier qu’il devait partir et nous nous sommes quittés à regret.
Ah, je vous vois venir les filles, « quoi, pas le plus petit bisou ? Pas la plus petite déclaration ? » patience, les filles patience.
Nous avons convenu de nous retrouver le soir même et il devait m’emmener diner dans un restaurant super romantique qui existe toujours, l’Orangerie, près des Tuileries à Paris. J’avais un rendez vous avec une copine pour diner le soir même, et je l’ai décommandé fissa fissa (ho, hé, que celle qui n’a jamais fait ça me jette la première pierre, hein ! En plus je lui ai pas menti, je lui ai dit que je dinais avec un garçon. Je crois qu’elle m’en veut encore. Pfff, j’aurais du mentir !).
En fait je n’avais jamais rencontré de garçon comme lui. D’abord il était plus âgé que moi (il avait 25 ans et moi vingt), mais bon, j’avais aussi plein de copains plus agés. Mais ce qui les différenciaient eux et lui, c’est que lui avait du en baver et que ses parents avaient du se saigner aux quatre veines pour lui payer ses études. Mes copains à moi se baladaient en weston, avaient des montres Hermès et comme moi, aucune idée de la valeur de l’argent. Pire, ils n’avaient que peu de considération pour le genre humain en général, à part pour une relation superficielle du type « on s’appelle et on se fait une bouffe » ou « vient, on chez moi à la campagne, on va se marrer » et on passait le week end à glander en débinant tout le monde. Je sais que cela parait caricatural, mais c’est tout à fait ce qui se passait. Et moi, dans tout ça ? Ben j’étais une pétasse (j’entends déjà les  rooohhhhh, surpris des filles !) Et oui ! Je ne savais pas parler sans faire saigner…les autres bien sûr. Je ne pensais qu’à moi, le reste du monde n’était là que pour mon plaisir et j’avais peu de tendresse pour ma famille. Aussi, philippe fut un sacré electro choc. Il a vu sous ma carapace que je n’étais pas perdue et qu’il pouvait devenir mon prince charmant et me sauver (c’que c’est bo tout de même. En fait, il le dit maintenant, mais à l’époque il n’en avait aucune idée, sinon, son cheval blanc et lui seraient partis au galop devant l’importance de la tache !)
Je le faisais rire. Même si mon humour était méchant, il n’avait pas l’habitude qu’une fille le fasse rire, c’était plutôt le rôle de ses copains HEC. Et puis j’étais un animal très bizarre à ses yeux. Comme il l’était aux nôtres. Et quand je parle des nôtres, je parle des miens et de ceux de ma mère.
Donc, petit apparté à propos de ma mère.
Pour bien comprendre ce que je suis, il faut comprendre ma mère. Ce qui me fait dire en second apparté que les proverbes sont tous vrais. Un mensonge en entraine un autre, vrai, la pomme ne tombe jamais loin du pommier, vrai, l’habit ne fait pas le moine, super vrai, tout ce qui brille n’est pas or, super vrai. Maman est une femme incroyable, drôle chaleureuse (maintenant du moins, elle a évolué au début c’était pas ça) et brillante, après avoir été une femme drôle froide et brillante…et assez distante. D’où l’histoire de la pomme et du pommier. J’ai récupéré un sur trois. Je suis drôle.
Elle n’aimait pas et n’aime toujours pas les enfants, partant du principe qu’ils ne sont intéressants qu’à partir du moment où elle peut discuter avec eux…et avoir une autre réponse que « bleuhebllueeh ».
Ma soeur et moi avons été élevées par des nurses, car ma mère était rarement présente. En échange de ce manque, je ne dirais pas d’amour, mais plutôt d’intérêt, elle nous a parfaitement retransmis son immense culture, son amour des livres, et comment nous tenir parfaitement, « que ce soit avec des rois ou avec des gueux » comme elle disait.
En fait j’ai commencé à m’entendre parfaitement avec elle le jour où j’ai quitté la maison, alors que j’avais une vingtaine d’année (aha hah, se disent les plus malignes, mais si sophie avait vingt ans lorsqu’elle a rencontré philippe, cela veut dire que…ben vous verrez bien, hein !)
Houch, je viens de passer une heure à écrire, ça, alors la suite demain, je dois retourner au turbin (et ça rime en plus, c’que chuis bonne !)

le grand amuuuuuur, suite
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le @ 9:09

Il faisait donc nuit noire, le genre de nuit où les loups garous sortent en quête de chair fraiche, et nous étions comme deux idiots à nous dévisager, moi à califourchon sur mon scooter et lui devant le pas de sa porte.
Il se pencha sur moi pour m’embrasser (très chastement, hein, on se connaissait depuis quatre heures à peine ! du calme les filles !) et paf ! se cogna la tête sur la visière de mon casque. Evidemment, fou rire et son baiser qui dérape franchement, rate ma joue et se pose sur la commissure de ma lèvre.
Mmmmph, assez malin comme approche j’ai trouvé. Moi, mutine, je le salue genre « bye bye super copain » et je file. Enfin…vu la vitesse de mon scooter 49,9, disons que put put put de mon mieux pour m’enfuir rapidement, ce qui, croyez moi, était pas gagné.
Je réintègre la maison de mes parents, qui (nous étions le 9 Août) étaient en vacances je ne sais plus où et hop, dans le dodo.
Le lendemain matin, huit heures de matin, le téléphone sonne.
Maugréant contre l’abruti qui me réveille alors que je me suis couchée à deux heures du matin, je décroche. Et là , sur qui je tombe ! Ben non les filles, vous avez tout faux. C’était pas Philippe, mais la fausse baronne !
Sa voix claironnante et snob m’éclate le tympan gauche.
- ALLLOOOOOHHHH ? AAAALLLLLOOOOHHH ? SOPHIIIIE ? TU ES LA ? AAAALLLLOOOHHH ?
J’ai émis un borgogyme qui lui a fait comprendre que je l’écoutais…enfin qu’un individu plus ou moins humain avait décroché.
-AHHH ! ma chérie, enfin ! Alors philippe vient de m’appeler, il est dans ton quartier, complétement par hasard, et il m’a demandé ton numéro de téléphone.
Le message a fini par franchir la ouate cotonneuse de sommeil qui enveloppait douilletement mon cerveau et je suis passée de la position dite « du mollusque avachi » à un solide garde à vous.
- Quoi ?
- Oui, fit la fausseté, ravie d’avoir attiré mon intérêt. Alors tu dois lui dire que tu as déjà fait ton jogging et trois fois le tour du bois.
-….. ?
Elle dut sentir ma grande perplexité (le sport et moi c’était pas trop ça, à l’époque, à part l’équitation et j’avais pas mes chevaux dans mon salon), car elle a enchainé sans respirer.
- Ouiiiii, il est très sportif ce garçon. Une résistance étonnante. Alors il faut que tu le reçoive limite en jogging.
Je l’ai laissée divaguer un bon moment comme ça, puis j’ai raccroché, arguant que si elle continuait à me parler, il allait trouver mon téléphone occupé (et oui les filles, en ces temps reculés et préhistoriques, point de double appel !). Elle a accepté d’assez bonne grâce après m’avoir fait jurer de l’appeler dès que j’aurais discuté avec Philippe.
J’ai raccroché avec un fort sentiment d’irréalité…et suis retournée me coucher, histoire e réfléchir dans mon lit à la façon dont j’allais  m’habiller si philippe me contactait.
Alors que j’étais sur le point de me rendormir avec des visions de jupettes voletant devant mes yeux, le téléphone a sonné de nouveau.
Ma chambre était vraiment très grande, mais j’ai du franchir le mur du son pour me saisir du téléphone.
- Allllloooo ? ais je fait de ma voix la plus suave.
Raté, c’était ma mère. Un peu surprise de m’entendre aussi…ben, « moelleuse » au téléphone.
- Euh, sophie ? Tu vas bien ?
- Ah, oui, maman et toi, les vacances, c’est sympa ?
Nous échangeames les derniers potins (ah, si je me souviens, elle était à Saint trop) et qui couchait avec qui et qui avait largué qui. Comme d’hab, elle me fit mourir de rire avec ses descriptions au couteau (et, devinez de qui je tiens mon humour !). Bref, j’avais quasiment oublié que Philippe devait m’appeler (en fait, il se demandait si la fausse baronne lui avait donné le bon numéro, vu que c’était la douzième fois qu’il appelait et que c’était encore occupé) et j’ai raccroché.
Le téléphone a resonné, j’ai cru que c’était maman qui avait oublié de me dire quelque chose et comme dans tous les bons vaudevilles, j’ai décroché en disant
- Allez, qui t’as oublié dans ta liste de qui couche avec qui ?
Et là j’ai entendu la belle voix grave de mon futur mari demander, sur un ton vraiment surpris
- Pardon ?
Ouuuppps !
- Oh, c’est vous ? (nous nous sommes vouvoyés assez longtemps en fait, pas loin d’une semaine !). Excusez moi, mais je parlais avec ma mère et elle me racontait les derniers ragots.
Je crois que c’est à partir de ce moment que mon mari a commencé à se méfier de ma mère. J’aurais jamais du lui dire ça.
- Ah, a t il fait. Excusez moi de vous déranger aussi tôt mais…
- Pas grave l’ais je tout de suite interrompu, la fausse baronne (euuuh, c’est juste pour éviter de lui donner son nom, hein, je ne l’appelais comme ça que dans mon petit cerveau) vient de m’appeler pour me prévenir que vous aviez demandé mon numéro.
Il n’eut pas l’air d’apprécier. Et paf, dans les dents de la vieille cocotte (ok, j’avoue, j’étais rosse en ce temps là !).


Aie, je dois aller bosser, mais promis, je poste la suite cet am. M’en voulez pas ! aie aie, pas taper !

Le grand ammuuuuuur !
Dans Maaaa vie — Par Sophie Audouin-Mamikonian le Mercredi 19 janvier 2005 @ 9:22

J’ai rencontré mon mari chez son ex-petite copine. Précisons (pour les filles qui font ooohhhhh !) que le salon de ladite ex-petite amie Ã©tait plein, ce jour là , des ses ex-petits copains à qui elle voulait présenter son nouveau petit copain, un type qu’elle avait dragué en emboutissant sa Porsche toute neuve avec sa mini pourave. MMMouais, une façon comme une autre, hein !
C’était une femme bizarre, fausse baronne, presque demi-mondaine, prête à s’accrocher comme un pétoncle (coquillage indécrochable !) au premier mec bourré de fric qui passait. Elle ne faisait exception que pour les beaux gars comme mon mari, qui avait tout de même dix ans de moins qu’elle. Ses seins commençaient à piquer du nez, mais elle avait de beaux restes même si curieusement, à 35 ans, elle faisait vraiment tapée. Bon, je dis ça, mais à l’époque j’avais 20 ans, alors j’étais peut être un peu dure. Aujourd’hui, je la trouverais probablement fraiche comme une rose !
Bref. Donc, elle m’invite (genre ça faisait bien d’avoir une princesse dans son poulailler) à cette soirée.
Je sortais d’une histoire difficile. Et j’étais une jeune femme difficile. Pas très heureuse, beau-père, relations conflictuelles et tout et tout. Je détestais le monde entier et moi aussi par la même occasion. Sans aucune raison, je m’empresse de le préciser, mais bon. Je ne croyais pas au grand amour. Je savais très bien que le prince charmant n’existait que dans l’esprit de salopa…stupides écrivains qui voulaient faire croire à une flopée de nanas crédules que le prince allait les enlever sur son beau cheval blanc. Un peu cynique, hein ? Oui, sans aucun doute.
Mais je venais de me séparer de mon premier fiancé et du coup, je broyais du…qu’est ce qui est plus noir que noir ? Disons que je broyais du supra noir. Alors, lorsque la fausse baronne m’a invitée, et bien que ne l’aimant pas beaucoup, j’ai donc décidé d’y aller. Mais d’y aller à ma façon. J’ai donc mis une infame salopette jaune caca d’oie incontinente, serrée par une ceinture iroquoise avec des turquoises, des chaussures plates, genre gangsters des années trentes, bleues et blanches, et j’y suis allée en Chappy, le petit scooter Yamaha que toutes les minettes stupides de mon genre avaient.
L’effet fut réussi. La fausse baronne a ouvert la porte…et a faillit la refermer ! J’étais mdr ! Elle m’a toisée et m’a proposé illico de me préter une robe, en me faisant passer discrétement dans sa chambre. Bien évidemment, j’ai refusé, trop contente de mon horrible accoutrement.
Je suis rentrée dans son salon, bourré de monde. Les femmes ont eu un hoquet d’horreur et les hommes ont eu un sourire, pas dupes. C’est alors que je l’ai vu. Lui, Philippe. J’aimerais bien dire que les violons ont joué, que les roses se sont pamées et que le ciel s’est assombri, mais d’une part il faisait déjà nuit, et d’autre part elle avait mis un disque de jazz dans lequel y’avait pas de violon. Et la stricte vérité m’oblige à dire que je n’ai pas vraiment fait attention à lui. Par contre, le contraire ne fut pas réciproque. Je crois qu’il me prit pour une espèce d’extra terrestre. En plus j’avais cassé la fausse baronne, car je l’avais menacée de ne plus jamais venir à ses petites fêtes si elle disait que j’étais princesse. Alors il n’avait aucun moyen de le deviner.
Nous dinames. Grand tralala, dont je n’ai aucun souvenir. Et vint le temps de se quitter. Philippe, malin, me demanda de le racompagner. Pas si malin que ça, parce qu’il ne pouvait pas deviner que j’étais venue en scooter. Après avoir sursauté en me voyant prendre mon casque, il s’est résigné et m’a indiqué où aller. Je sentais qu’il se crispait grave derrière moi, et évidemment j’en rajoutais des tonnes.
Nous sommes arrivés chez lui et il est descendu. Il ne vacillait que très peu et masquait très bien son teint verdâtre en baissant la tête. Il m’a même (oh, le gros menteur !) dit que je conduisais très bien. mdr !
Hou, je dois aller travailler, maintenant, alors la suite du blog demain ! lol !